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Il s’agit de s’habituer à l’impulsion énergique...
© martin erd

Vélo

Le VTT électrique part à l’assaut des cimes

Il file comme le vent sur les sentiers caillouteux et les pistes escarpées: l'e-montain bike fait de plus en plus d’adeptes

Un coup de pédale et c’est un élan pas possible qui nous pousse vers l’avant. Au début, les mains restent crispées sur le guidon. Il s’agit de s’habituer à l’impulsion énergique; on tripote le bouton d’assistance pour se rassurer. C’est que le VTT à assistance électrique (VTTAE) semble lourd, un poil impressionnant pour une sportive du dimanche.

On est au milieu des vignes, sur les coteaux de Gilly. La piste louvoie et dans la pente la plus raide, à 18%, les muscles des cuisses tirent un peu. Mais la bicyclette à batterie grimpe vite, chaque tour de pédalier est récompensé par une belle avancée. Le vent fait voleter les cheveux, et on se surprend à admirer les fleurs de trèfle entre les ceps. Essoufflée et suante, le paysage paraîtrait sans doute moins charmant. Alors ce serait ça, le super-pouvoir du VTT électrique?

Il donne des ailes

«Le truc, c’est que ça donne des ailes à tout le monde.» Il y a onze ans, Vincent Ebiner vendait des vélos électriques de 35 kilos avec une batterie au plomb. Son magasin Easycycle était l’un des premiers sur le marché romand. Aujourd’hui, il en possède trois, dont un dédié aux VTT électriques, surnommés les «e-mountain bikes», et ça cartonne. En 2016, ils représentaient 20% de son chiffre d’affaires.

Devant la boutique de Gilly s’alignent une quinzaine de VTT noirs chromés, bleu-vert et rouges. Cross-country, semi-rigides, tout suspendus… Les catégories correspondent chacune à un environnement: les sentiers étroits, les bois irréguliers, les pistes montagnardes escarpées. Vincent Ebiner les met à disposition pour une balade sur les chemins environnants. «A chaque fois qu’un client fait l’essai, il est impressionné. Et souvent, deux mois plus tard, il revient pour acquérir le sien.» Le coût moyen d’une telle bécane est de 4500 francs, le premier prix étant à 2700 fr. D’après Vincent Ebiner, la batterie a une durée de vie de cinq ans, tandis que le vélo lui-même peut tenir le coup 15 ans.

A propos de ce sport: «Comme le football, le cyclisme intéresse désormais toutes les classes sociales»

Au vélo électrique comme au VTT, on reproche leur facilité comme si elle était une injure aux valeurs du sport. Au contraire, pour l’ancien cycliste devenu vendeur, les différents niveaux d’assistance du VTTAE permettent un meilleur contrôle de la performance. «Beaucoup disent que c’est pour les feignants. Mais pas du tout. On peut avoir un entraînement parfait car, on est toujours en endurance. On évite d’être essoufflé, même dans les pentes difficiles.» On se fait plaisir à la montée et à la descente.

«Je ne m’appelle pas Cancellara»

Ils sont de plus en plus nombreux à se laisser tenter. «Ça va du sportif à celui qui n’arrive plus à suivre les copains. Des gens qui veulent s’y remettre doucement aussi, après un accident, par exemple». Pour Olivier, 56 ans, l’engin à ouvert de nouveaux horizons: «La première fois, c’était à la montagne. Ça m’a emballé tout de suite. Parce que je n’étais pas trop sportif, je ne m’appelle pas Cancellara. C’est simple, des destinations qui, avant, m’étaient impossibles sont devenues accessibles.»

Le commercial de Pampigny, près de Morges, a acheté le sien il y a quatre ans. La vallée de Joux, le pied du Jura, le bois de Ballens… A la belle saison, il fait près de cinq sorties par mois. «Le VTT, c’est la polyvalence, le confort et la sécurité. Peu importent les cols et les routes défoncées. On transpire et on se fait du bien dans une propension agréable. Ce n’est plus la torture de l’effort.»

André Filliez, responsable de Médran Sports à Verbier, souligne lui aussi la liberté offerte par ce type de deux-roues. «C’est une plus grande perspective d’évasion. J’ai 60 ans, j’habite en dessous de la station, il y a 200 mètres de dénivelé: je peux descendre et remonter très facilement. Je l’utilise à la place de la voiture, quand il fait beau.» Dans son magasin, il propose une dizaine de VTT électriques à la location, à 60 fr. la journée. Et il voit passer tous les profils: «Ça peut être des personnes âgées, des trentenaires, des parents, j’ai même eu un fan-club belge!»

Avec un sourire dans la voix, il se souvient d’un couple en particulier. «Ils arrivent, le mari décide de louer un électrique pour sa femme. Lui prend un VTT normal. A l’arrivée, elle lui a mis 20 minutes d’avance dans les dents et il était trempé de sueur. Du coup, il m’a acheté deux électriques.»

L’investissement des stations

L’année passée, André Filliez a vendu 23 VTTAE, sachant qu’il travaille d’avril à octobre. «J’ai été assez étonné, on vend moins de vélos, mais des vélos plus chers.» Il y a sept ans, il était le seul à proposer le VTT à batterie en station. «Je vais augmenter le parc pour être au moins à 15 vélos. Le VTT électrique en montagne, c’est le futur.»

Vincent Riba, le responsable de communication de Verbier, annonce en effet que la station va sérieusement miser sur la machine. Entre tous les itinéraires mis en place, il y a plus de 500 km de parcours disponibles. Et les quatre magasins de la station, plus celui du Chave, sont équipés d’e-mountain bikes. «On en loue de plus en plus. Il y a un vrai potentiel sur ce marché, et on veut être là quand il y aura un boom. On est en train de réfléchir pour placer des bornes de rechargement dans les communes, ce qui permettrait de faire des tours encore plus grands, comme celui du Mont-Fort, qui fait 100 km.» De son côté, Thyon 4 Vallées leur emboîte le pas et compte développer ses propres parcours. Une autre manière pour les stations d’attirer les touristes lorsque la neige se fait attendre. Actuellement, les batteries des VTT ont une autonomie qui permet de faire entre 40 et 60 km de balade.

L’écologie est aussi une motivation. «A terme, on souhaite que la commune de Verbier soit à zéro carbone. On pousse les gens à une pratique du sport propre, ça nous semble important. Ce genre de vélos permet de découvrir encore plus la nature et, donc, de la préserver.»

Un accessoire: Un casque de vélo ultrabranché

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