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Tennis

Wawrinka contre Djokovic, le nouveau classique

Le Suisse et le Serbe se retrouvent demain matin (à partir de 9h30) en demi-finale de l’Open d’Australie. Leurs précédentes confrontations en cinq sets furent d’homériques batailles

Il y est, Stan Wawrinka. Sans l’avouer, le Vaudois avait fait d’une présence dans le dernier carré son objectif principal à l’Open d’Australie. Certes, il est tenant du titre à Melbourne, mais aucun champion, fut-il le plus grand, sauf à être le plus sot, ne peut planifier sérieusement la victoire finale. Rafael Nadal et Roger Federer, expulsés avant l’heure, peuvent en témoigner. Dans les épreuves du Grand Chelem, Stan Wawrinka n’a gagné qu’un tournoi, sur sa seule finale, et ne disputera demain face à Novak Djokovic que sa troisième demi-finale. Il n’est pas le plus grand, et encore moins le plus sot. Mais il est peut-être le plus en confiance des quatre derniers joueurs encore en lice.

La manière avec laquelle il régla le compte du Japonais Kei Nishikori (6-3 6-4 7-6 (8/6) en 2h03) le démontre. «Je crois davantage en mon jeu, en moi-même, confirme-t-il. Je pense que je joue mieux qu’il y a un an, mais nous progressons tous d’une année sur l’autre. Disons que j’ai l’avantage de savoir que j’ai déjà ce trophée à la maison. J’ai aussi gagné la Coupe Davis, tout ça compte pour la confiance.» De son côté, Novak Djokovic s’est débarrassé du Canadien Milos Raonic sans davantage de problème (7-6 6-4 6-2). L’autre demi-finale oppose jeudi matin les revenants Andy Murray et Tomas Berdych.

Invaincu à Melbourne depuis onze rencontres, Wawrinka n’a pas encore perdu cette saison en compétition officielle. Ces bonnes vibrations contrebalancent un rapport de force largement favorable à Novak Djokovic. Stan Wawrinka n’a gagné que trois de leurs 19 confrontations, dont deux en 2006 alors que Djokovic était encore un junior. Souvent dominé dans les rencontres en deux sets gagnants, le Vaudois s’est toujours sublimé lorsque la partie se jouait au meilleur des cinq manches. Les trois derniers Wawrinka-Djokovic en Grand Chelem furent ainsi des morceaux de bravoure déjà archivés au rayon des plus intenses rivalités du tennis.

A Melbourne, en janvier 2013, Stan Wawrinka n’est encore qu’un second couteau. Djokovic est numéro mondial, double tenant du titre. Nous ne sommes que le troisième dimanche de janvier mais les spectateurs présents dans la Rod Laver Arena savent déjà qu’ils viennent de vivre le match de l’année. Djokovic doit batailler cinq heures, aller jusqu’à 12-10 dans la cinquième manche et produire le meilleur tennis de sa vie pour s’en sortir. A une heure du matin, Stanislas Wawrinka cède 6-1 5-7 4-6 7-6 10-12. Il peine à retenir ses larmes alors que son adversaire, dans un état second, arrache sa chemise dans une rage libératrice. Le Vaudois, qui a eu quatre balles de break à 4-4 dans le set décisif, est anéanti mais il gagne le respect unanime du circuit. «Novak s’est battu comme un chien. J’ai compris que je dois être plus dur envers moi pour réussir. Ce fut vraiment un match de dingue. Mais j’aurais voulu écrire l’Histoire en le gagnant.»

Les deux joueurs se retrouvent en demi-finale de l’US Open, en septembre de la même année. Pour la première fois de sa carrière, l’enfant de Saint-Barthélemy est en demi-finale d’un tournoi majeur, dans le plus grand stade du monde, face au meilleur joueur du monde, dans la plus célèbre ville du monde. Et il est à sa place. Bousculé, poussé à la limite des cinq sets, Djokovic s’en tire à l’usure (2-6, 7-6, 3-6, 6-3, 6-4) lorsque Wawrinka se met à ressentir une douleur grandissante à une jambe. «Avant cela, je le dominais. J’étais sûr de pouvoir le battre.» Le public new-yorkais lui réserve une standing ovation, qu’il prend le temps de recevoir, ému aux larmes. Il sent que la consécration est proche.

Elle passe par un nouveau choc face à Djokovic, en quart de finale de l’Open d’Australie 2014. Le Serbe vient d’aligner 25 succès consécutifs à Melbourne mais Wawrinka croit en ses chances. Malmené, il réagit après la perte de la première manche, ajuste sa position sur le court (il recule d’un pas) et se met à frapper plus fort et toujours en avançant. Il remporte le deuxième puis le troisième set, concède un peu bêtement le quatrième, et fait la course en tête dans le cinquième malgré des débuts de crampes. Au bout de quatre heures de lutte, Djokovic cède enfin (2-6 6-4 6-2 3-6 9-7). Sur la balle de match, Stan ne hurle pas sa joie. Cette victoire, comme ses défaites précédentes, n’est qu’une étape. Il en sera de même vendredi, quel que soit le vainqueur.

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