Stanislas Wawrinka a connu une fin d’US Open un peu frustrante. Son huitième de finale contre Novak Djokovic a d’abord été interrompu par la pluie, mardi soir, puis par son état de santé mercredi. Le Vaudois a en effet été contraint à l’abandon dans la troisième manche alors qu’il était mené 6-4, 6-1, 3-1. En conférence de presse, il a expliqué pourquoi il avait renoncé à terminer le match et dressé le bilan de sa tournée américaine.

- Pourquoi avez-vous abandonné ?

- Je ne me sens pas bien. Ca a commencé après mon match contre Dolgopolov. J’ai eu quelques petits soucis. J’ai dû attraper une petite grippe ou quelque chose comme ça. Et depuis, je n’ai pas pu récupérer. Aujourd’hui, j’avais des frissons et la tête qui tournait. Je ne me sentais vraiment pas assez bien pour prendre le risque de continuer.

- Pourtant, en revenant sur le court aujourd’hui, vous avez réussi à prendre son service d’entrée à Djokovic et à débreaker. Vous donniez l’impression d’être prêt à vous battre…

- Je sens très bien tennistiquement, je frappe bien dans la balle. Et ce matin à la reprise, c’est vrai que je me sentais un peu mieux. Je n’avais pas la fatigue du match qui s’accumule. Je voulais essayer. Mon niveau de jeu est là et c’est dommage d’être affaibli. Contre un tel joueur, c’est déjà difficile quand on est à 100%, alors diminué c’est compliqué.

- Est-ce que la longue attente de mardi en raison de la pluie a aggravé votre état ?

- L’attente fait malheureusement partie de notre métier. On passe beaucoup de temps, dans l’année, à attendre. Que ce soit un avion dans un aéroport ou des matchs quand il pleut comme ici.

- Ca ne vous arrive pas souvent d’abandonner. Comment se sent-on quand on est obligé de baisser les bras ?

- Ca ne fait pas plaisir, c’est certain. J’essaie toujours continuer à jouer. Je n’ai pas souvent abandonné ces dernières années. Aujourd’hui, j’aurais peut-être pu finir le match. Mais je me dis qu’avec l’intensité, avec tout ce qu’on donne, c’était risqué de trop pousser mon corps, sachant qu’il y a une Coupe Davis à jouer dans dix jours.

- Est-ce le chaud-froid qui est à l’origine de votre état ?

- Je pense que j’ai pris froid. Il y a de gros changements de température, avec la climatisation notamment, mais aussi l’accumulation de fatigue et le stress. Ce n’est pas de chance car je ne suis pas souvent malade.

- Etes-vous quand même satisfait de votre tournoi ?

- Oui. J’ai fait une bonne tournée américaine. J’aurai disputé une demi-finale à Cincinnati et un 8e ici. Après la déception des Jeux olympiques, après deux mois difficiles entre Wimbledon, les JO et Gstaad, je suis content de mon niveau de jeu, d’avoir pu battre à nouveau un joueur du top 5 (David Ferrer), d’avoir vaincu des top 15 et d’avoir disputé de très bons matchs. Ici, je m’arrête contre Djokovic, mais avant ça j’ai disputé un très bon match contre Dolgopolov. Je me suis accroché dans les premiers tours. Il faut garder le positif pour mieux repartir et continuer à progresser.

- Et maintenant ?

- Je vais rentrer en Suisse, me reposer, récupérer et me soigner pour repartir tout de suite à la Coupe Davis, plus au froid et sur terre battue. Gagner cette rencontre est le premier objectif de cette fin de saison. Après, une tournée en Asie avec des tournois en Europe avec Bâle et Paris pour finir.

- Vous êtes toujours sans coach fixe. Est-ce que ça ne vous manque pas quand vous devez affronter un joueur comme Djokovic ?

- J’ai la chance d’avoir Sèverin Lüthi (capitaine de l’équipe suisse de Coupe Davis et entraîneur de Federer) qui est toujours là. Donc, j’ai quand même quelqu’un.

- Paul Annacone (entraîneur de Federer) était là aussi aujourd’hui dans votre box …

- J’ai la chance de bien m’entendre avec eux. Paul est quelqu’un de bien. Le fait d’avoir passé deux semaines tous ensemble aux JO où Paul était là aussi, d’avoir pu faire de vrais entraînements, ça crée une autre relation. Du coup, il suit un peu plus attentivement ce que je fais.

- A part la Coupe Davis, quels sont vos objectifs de fin d’année ?

- Continuer à bien jouer. Je n’ai pas d’objectif concret. En tennis, c’est compliqué. On peut bien jouer sans forcément marquer de points et on peut avoir un peu plus de chance et monter au classement. Je sais que j’ai encore quatre ou cinq gros tournois avec la possibilité de consolider mon rang, voire gagner encore quelques places et finir le plus haut possible.

- Un joueur comme Janko Tipsarevic se maintient dans le top 10 en participant souvent à de plus petits tournois. Pensez-vous qu’il y aurait un moyen de revenir plus facilement dans le top 10 ?

- Je cherche toujours à trouver des solutions pour mieux jouer, pour progresser, pour monter au classement. Ca aurait peut-être été possible de m’organiser un autre planning cette année mais alors cela signifiait renoncer à la Coupe Davis ou aux Jeux olympiques. Je n’ai pas remporté les petits tournois auxquels j’ai participé alors que Tipsarevic les a gagnés. La différence est peut-être là, tout simplement. Cela dit, Tipsarevic est perçu comme celui qui gagne les petits tournois mais en Grand Chelem, il est là aussi. Il est en quart ici ; à Roland-Garros, il a fait 8e ou quart. Au Masters 1000 de Madrid, il est allé en demi-finales. Et à l’inverse, il y a plein de joueurs qui ont le niveau de jeu du top 10 et qui n’y sont pas. C’est le tennis. Le top 30 est très relevé. C’est la constance et la confiance qui font la différence.

- Qu’est-ce qui vous manque pour revenir dans le top 10 ?

- Vous allez prendre ça pour une excuse, mais il y a eu des périodes où je n’étais pas loin et je n’avais pas la chance d’avoir le tableau qui s’ouvrait au bon moment. Or sur quelques tournois, ça peut faire la différence au niveau du classement. C’est pour ça que je continue à travailler dur tous les jours. Et dès que ça se passe bien, ça peut aller très vite. Je dispute une demi-finale à Cincinnati et me voilà de retour dans le top 20. Et si je refais un résultat comme ça, ça peut changer rapidement. Et la confiance et le tableau avec. Il ne faut pas se poser 10 000 questions et juste continuer à essayer de progresser.