«Franchement, non, je n’aime pas disputer des parties aussi difficiles en entame de Grand Chelem. Je préfère vraiment quand tout est plus aisé pour moi.» Des parties aussi difficiles... Il faut l’avoir entendu pour le croire. Tout ça parce que «unser Roger» a perdu le set initial – ça lui arrive d’entrer tardivement dans son match – contre le Russe Igor Andreev (ATP 37), puis sauvé magistralement trois balles de 3e set avant de dérouler une «roue de vélo» d’anthologie (4-6 6-2 7-6 (7/2) 6-0).

Andreev s’est montré agressif et régulier, Federer a placé comme il l’a voulu ses contres magiques en coups droits giflés et revers longue ligne, dans cette fabuleuse Rod Laver Arena entièrement collée aux basques du No 1 mondial, dont le prochain rival s’appellera Chela (Argentine) ou Hanescu (Roumanie). Chose certaine: le maître ne risque pas de croiser le chemin de Robin Söderling (son adversaire malheureux en finale de Roland-Garros 2009), sorti par l’Espagnol Granollers.

Pas grand-chose de saillant à raconter, non plus, sur la victoire expéditive, 3 sets (6-3 6-3 6-2) en 1h50 sur le plexicushion semi-rapide de Melbourne, du Vaudois Stanislas Wawrinka (No 19) aux dépens de l’Espagnol Guillermo Garcia-Lopez (ATP 44). Lundi, rafales de pluie venteuses obligent, Stan était arrivé au stade à 10h du matin pour en repartir douze heures plus tard sans avoir frappé la moindre balle. «Ce fut une journée plutôt usante, je me suis ennuyé», dira-t-il poliment, non sans critiquer la façon dont l’organisation de ce premier Grand Chelem 2010 gère le séchage des courts après les averses: «Ils ne sont visiblement pas assez. Pour une compétition de cette importance, c’est surprenant.»

Mardi, l’imminent papa – son épouse Ilham Vuilloud accouchera début février – ne s’est pas attardé sur le court 8. «La dernière fois, j’avais perdu contre Garcia-Lopez, je suis donc ravi d’avoir livré un match complet en imposant ma puissance, malgré le vent gênant.» Deux statistiques suffisent à résumer ce duel sans suspense: Garcia-Lopez a commis la bagatelle de 40 fautes directes (27 pour Wawrinka) et réussi 13 coups gagnants (27 côté Stan).

Mercredi, le Suisse rencontrera le Russe Igor Kunitsyn, vainqueur de l’Argentin José Acasuso en quatre manches. Kunitsyn, un homme qui joue beaucoup plus direct et à plat que l’Espagnol marri. Mot d’ordre de Wawrinka: rester solide à fond de court.