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Wawrinka, roi de New York: «Je sentais que quelque chose de grand allait arriver»

Confidences de Magnus Norman, le coach de Stan Wawrinka, à la sortie du vestiaire après sa victoire à l’US Open

Le Temps: Comment vous sentez-vous?

Magnus Norman: Je me sens fier. C’est une performance incroyable. Ce que Stan a réalisé sur le court, c’est quelque chose que nous n’aurions jamais imaginé en arrivant à New York. Il a eu une année compliquée avec pas mal de hauts et de bas. Mais, comme je le disais avant cette finale, j’avais le sentiment qu’il était vraiment concentré et mentalement connecté après la déception de Wimbledon. Je sentais qu’il allait commencer à très bien jouer. Mais je ne savais pas si ça serait à Toronto, aux JO, à l’US open ou en Asie, mais je sentais que quelque chose de grand allait arriver.

– Ne devrait-on pas parler du «Big five» désormais et non plus du «Big four»?

– Non, même si Stan fait partie du top 4 depuis deux ans, le «Big four» (ndlr: Federer, Nadal, Djokovic, Murray) reste le «Big four».

– Etiez-vous confiant ou nerveux avant cette finale?

– Non, je n’étais pas trop nerveux. J’essayais plutôt de l’apaiser car lui était très nerveux. Le stade est immense ici. Et pour lui, l’US open est très important. Nous avons vécu un moment émotionnellement fort, juste avant qu’il n’entre sur le court. Mais j’étais assez en confiance car depuis sa première finale en Grand Chelem à l’open d’Australie, il a toujours très bien joué en finale. (11 victoires pour 11 finales depuis 2 ans, ndlr). Je suis très fier de ça. Novak a joué incroyablement bien pendant le premier set. Le niveau du match était impressionnant. Au début, j’avais l’impression que Stan était repoussé trop loin de sa ligne. Il était trop défensif. Puis il a essayé de frapper plus fort, plus long. Je savais que ce serait un match physique. Je savais aussi que Stan était en forme et on avait pu voir en demi-finale que Djokovic galérait un peu physiquement. Donc je pensais qu’il avait ses chances.

– Il a disputé trois finales de Grand Chelem et les a toutes gagnées, battant le numéro un mondial à deux reprises. Comment expliquez-vous ça?

– Il a un énorme potentiel quand il a disputé plusieurs matches d’affilée. Il est vulnérable sur les premiers tours. On l’a vu contre Daniel Evans où il a dû sauver une balle de match. Il est encore inconstant dans ce genre de matches. C’est quelque chose qu’on essaie d’améliorer. On n’a pas encore trouvé la clé. Mais une fois qu’il a passé plusieurs tours, il devient très dur à battre.

– Les attentes vont être importantes à Wimbledon, seul tournoi du Grand Chelem désormais qu’il n’a pas encore gagné…

– (sourire) Je sais. Nous essayons d’améliorer son jeu sur gazon. C’est pour ça que cette année, nous avons fait appel à Richard Krajicek. Ça aidera Stan. C’est encore loin mais ce sera intéressant et on va essayer de progresser sur herbe.

– Quelles sont les qualités de Stan qui le rendent invincible en finale?

– Même s’il est nerveux avant le match, il gère super-bien ces grands matchs. J’ai perdu une finale à Roland-Garros comme joueur et deux comme coach de Robin Söderling et je réalise à quel point il gère bien la pression pendant les finales.

– Laquelle des trois victoires en Grand Chelem vous a le plus surpris?

– Celle de Roland-Garros. C’était sur terre battue. Djokovic semblait invincible. Il était clairement l’outsider. Alors qu’ici, c’était plus du 50-50.

– Allez-vous vous fixer des objectifs plus élevés comme deux titres de Grand Chelem par année?

– (rires) Non. On ne raisonne pas comme ça. Stan est conscient de son manque de régularité. Je lui ai dit dans le vestiaire que ce résultat est le fruit du travail accompli depuis Wimbledon. Il doit continuer à travailler dur chaque jour, à progresser et à rester connecté à son tennis. Il sait qu’il a encore trop de hauts et de bas.


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