Les nombreux supporters suisses venus assister à ce premier quart de finale 100% helvétique dans un tournoi du Grand Chelem seront repartis forcément nourris d’ambivalence. Partagés entre la satisfaction de voir Roger Federer se qualifier pour sa huitième demi-finale d’affilée à l’open d’Australie et poursuivre sereinement sa route vers la défense de son titre, et la déception d’un match sans combat.

Stanislas Wawrinka n’a rien pu faire face au Bâlois. En possession de tous ses moyens, le numéro deux mondial a varié son jeu comme il sait si bien le faire et n’a laissé aucune possibilité au Vaudois d’imposer le sien. La rencontre fut à sens unique et Federer s’est imposé sur le score sans appel de 6-1 6-3 6-3.

Le Vaudois ne semblait pas habité sur le court par ce même appétit féroce qui lui avait permis d’infliger une correction à Andy Roddick deux jours plus tôt. Il n’était plus «la bête» dont parlait son coach. «Aujourd’hui, Roger était juste trop fort pour moi», répète Wawrinka. Cela n’explique pas tout. Mardi, le service du Vaudois n’avait rien à avoir avec celui des tours précédents. Au premier set, il n’a réussi à passer que 54% de ses premières balles. Le protégé de Peter Lundgren, qui avait disputé ses deux précédents matchs de nuit, dit avoir eu a eu un peu de mal à s’adapter aux conditions de jour, très différentes et plus rapides, avantageant le jeu de Federer. «Je pensais que son service allait être plus puissant de jour du fait que les balles volent mieux lorsqu’il fait plus chaud, mais j’ai bien réussi à retourner», analyse Federer. Ajoutant: «Ce n’était pas un match facile pour lui. Je ne le joue pas de la même manière qu’un Monfils ou un Roddick. J’ai le jeu pour le gêner.» Le Bâlois concède aussi l’avantage de l’expérience face à son compatriote. «J’ai disputé tellement de quarts de finale que je sais que je ne vais pas paniquer, que si jamais je perds j’aurai d’autres occasions d’en disputer un. Je reste serein. Cela d’autant plus que je sais qu’en principe, je n’ai pas trop de problèmes contre Stan même si ce n’est pas un adversaire facile. Ces derniers temps, j’ai toujours bien débuté mes matchs. Cela m’a permis de rester bien calme.»

En demi-finale, Roger Federer affrontera le vainqueur de la rencontre entre Thomas Berdych, – son tombeur en quart de finale à Wimbledon –, et Novak Djokovic, son contradicteur de la demi-finale de l’US open. Il y aura donc comme un air de revanche dans l’air.