Carnet noir

Willi Melliger rejoint Calvaro V au paradis du sport équestre

Il restera comme l’un des meilleurs cavaliers helvétiques: le Soleurois est décédé à l’âge de 64 ans, cinq semaines après un accident vasculaire cérébral et quinze ans après le cheval star avec lequel il a partagé ses plus belles victoires

Le sport équestre suisse pleure l’un de ses héros. Willi Melliger s’est éteint dans la nuit de lundi à mardi, à l'âge de 64 ans. Il était dans le coma depuis un accident vasculaire cérébral survenu le 13 décembre, un peu moins d’une année après avoir fait une crise cardiaque qui l’avait conduit à être opéré d’urgence. Depuis son retrait de la compétition, le Soleurois – deux fois divorcé et père de trois enfants – se consacrait à l’encadrement de jeunes talents.

Il restera surtout comme «l’un des meilleurs cavaliers suisses de l’histoire», selon les mots soufflés aux équipes de la RTS par Alban Poudret, «monsieur hippisme» en Suisse romande. Entre 1981 et 2003, il est monté douze fois sur le podium des Championnats d’Europe et, surtout, il a remporté deux médailles d’argent olympique, en individuel en 1996 à Atlanta et par équipes en 2000 à Sydney.

Un duo complémentaire

Lors de ces deux épopées et de ses plus beaux succès en général, Willi Melliger montait Calvaro V, un crack blanc qui par ses performances et son allure était devenu une star à part entière. Dans le duo qu’ils formaient, c’est le cheval qui prenait le mieux la lumière, qui intéressait public et médias, comme l’expliquait en 2001 Peter Rotenbühler – ancien rédacteur en chef de la Schweizer Illustrierte passé depuis par Le Matin – à Dimanche.ch: «Je me souviens que, lorsque nous faisions des sujets sur Willi Melliger, il fallait absolument que Calvaro soit sur la photo. […] Calvaro, c’est vraiment l’étalon sexy. Ses proportions sont superbes, sa robe blanche en fait un mythe.» Entre ses deux médailles olympiques, la vedette à quatre pattes a reçu quelque 4000 lettres et dessins de fans…

Le compte rendu du «Temps» lors des JO de Sydney: Calvaro V, le galop du héros

Quand, en 2003, Willi Melliger a dû se résoudre à euthanasier l’animal qui dépérissait, amaigri et souffreteux, il a déclaré au Cavalier romand avoir perdu «l’un de ses meilleurs amis». C’est qu’il se satisfaisait parfaitement de laisser sa monture sous le feu des projecteurs. Lui était de nature plus discrète, peu disert, surnommé «Ja-Nein» par certains journalistes de l’époque pour le développement très relatif des réponses qu’il formulait à leurs questions.

Ceux qui le connaissaient mieux, à l’instar d’Alban Poudret, décrivent pourtant un homme affable, ouvert et agréable. «Willi laisse derrière lui un immense vide, a déclaré son ex-femme Nadja à la Schweizer Illustrierte, qui a révélé le décès du champion. Il sera pour toujours dans nos cœurs.» Et, désormais, au paradis du sport équestre avec son vieux compagnon Calvaro.

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