tennis

A Wimbledon, Garbine Muguruza coupe l’herbe sous le pied à Timea Bacsinszky

Donnée favorite de son quart de finale, la Vaudoise s’incline contre plus forte qu’elle en deux sets (7-5 6-3). Malgré son très bon Wimbledon, elle quitte Londres un peu déçue d’avoir raté l’occasion de poursuivre sa route, peut-être jusqu’à la finale de samedi

Muguruza coupe l’herbe sous le pied à Bacsinszky

Tennis Elimination décevante mais logique de la Vaudoise à Wimbledon (7-5 6-3)

Le beau sourire sur le visage de Timea Bacsinszky s’est éteint mardi sur le court No 1 de Wimbledon. La Suissesse s’est inclinée en quart de finale du tournoi londonien face à la jeune Espagnole Garbine Muguruza (20 ans) sur le score de 7-5 6-3 en 1h27 de jeu.

Un match de tennis n’étant jamais joué jusqu’à la dernière balle, il est tentant de ne l’analyser que du point de vue de son ou sa favori (te), en recherchant les indices qui conforteront son parti pris. Longtemps, le chroniqueur suisse a ainsi cru Timea Bacsinszky capable de revenir dans la rencontre, de surmonter la perte de la première manche et le handicap d’un coup droit défaillant. Elle l’avait déjà fait tant de fois! Timea Bacsinszky possède une grande variété de jeu, une réflexion tactique au-dessus de la moyenne, un revers considéré comme l’un des plus efficaces. Les plus optimistes se disaient même qu’avec elle, un mauvais début de partie est souvent un bon signe: au contraire de beaucoup de joueuses «robotisées», la Vaudoise possède un vécu qui l’a toujours obligée à comprendre, réagir, surmonter. Ce que beaucoup de filles bien classées à la WTA ne savent pas faire.

La chance d’une vie

Et puis la balle de match retombe du mauvais côté du filet et il faut se rendre à l’évidence: l’adversaire a été meilleure. Garbine Muguruza, qui avait déjà sorti deux joueuses du top 10 précédemment (et Serena Williams l’an dernier à Roland-Garros), ne manque pas d’atouts: un très bon service, peu de points donnés à l’adversaire, du cran dans les moments chauds et suffisamment de jugeote pour attaquer le plus souvent possible la Suissesse sur son point faible, le coup droit.

Dans la première manche, la native de Caracas a bondi sur sa seule opportunité de faire le break. Pas de chance pour Bacsinszky, c’était aussi une balle de set (7-5). Pas sûr que la chance soit coupable de quoi que ce soit dans l’affaire: c’est tout son sixième jeu de service que la Lausannoise manqua. Auparavant, elle avait raté deux occasions de ravir le service de son adversaire.

Elle y parvint d’entrée dans la deuxième manche. Bacsinszky sembla alors retrouver le fil de son tennis mais il s’effilocha aussitôt et Muguruza égalisa à 1-1. Elle confirma derrière et fit à nouveau la course en tête, une situation toujours délicate à vivre pour la poursuivante. Peut-être la Vaudoise – 25 fautes directes dans ce match – payait-elle la débauche d’énergie (physique et psychique) consentie la veille pour venir à bout de sa bête noire, la Roumaine Monica Niculescu?

A 3-4 et 15-40, elle avait encore assez de sang-froid pour exécuter un superbe lob mais pas pour éviter le break sur le point suivant. A 5-3, 40-15, Garbine Muguruza obtenait deux balles de match. Elle ratait misérablement la première mais allait chercher superbement la seconde, avant de s’affaler entre rire et larmes sur le gazon.

Timea Bacsinszky rangeait ses affaires, ravalait sa déception et quittait le tournoi la tête basse. Sa partie de tableau ne comportait plus que des joueuses classées comme elle entre la 13e et la 20e place. L’une d’elles aura samedi la chance de sa vie en finale de Wimbledon. Ce ne sera pas Timea Bacsinszky, mais peut-être Garbine Muguruza, première Espagnole dans le dernier carré depuis Arantxa Sanchez en 1997, l’année du sacre de Martina Hingis.

Publicité