Football

Xamax-Servette, une affiche au goût de madeleine

A la recherche de leur splendeur passée, Neuchâtelois et Genevois s’affrontaient pour la première fois depuis cinq ans. Xamax a gagné (2-1)

Le football suisse est une vieille maîtresse dont on connaît toutes les imperfections, qui n’a pas les atours outrés de ses rivales internationales, mais qui conserve malgré tout un étrange pouvoir de séduction. Ses défauts font son charme. Revenu d’un Euro un peu décevant comme l’on se remet d’un amour de vacances plus fantasmé que réellement éprouvé, l’amateur romand ne boudait pas son plaisir devant une affiche Xamax – Servette en ouverture de la saison 2016-2017. Même de Challenge League.

Neuchâtelois et Genevois ne s’étaient plus affrontés depuis 2011. Une drôle d’année: les quatre clubs romands sont en Super League, mais Sion a 36 points de pénalité et Xamax dépose le bilan durant l’hiver. Sur les bancs de touche, Servette est avant tout le monde à l’heure portugaise (Joao Alves), Neuchâtel débute avec Sonny Anderson et Sion finit avec… Christian Constantin. Cinq ans plus tard, après deux faillites et quelques relégations, Neuchâtel Xamax et Servette se sont donc retrouvés à la Maladière.

Un match étrange: la pelouse du nouveau stade est surélevée de six mètres au-dessus du niveau de la route, mais les deux équipes sont tombées d’une catégorie. Il y a beaucoup de bruit (les deux kops avaient des fourmis dans la gorge) mais peu de spectateurs (4200), pas beaucoup d’occasions mais tout de même trois buts.

Il pleut et le soleil brille en même temps, il fait grand jour mais les projecteurs sont allumés. Et ce classique du football suisse se joue sur une pelouse synthétique dans un stade qui semble dessiné par Tetra Pak.
Neuchâtel fait la différence en marquant deux buts sur trois tentatives. La première (Corbaz, à la reprise d’un centre de Nuzzolo, 7e) est repoussée par le gardien genevois Gonzalez.

La deuxième, à la 25e minute, fait mouche avec beaucoup de réussite: un coup franc excentré de Nuzzolo est rabattu par Corbaz puis prolongé par Karlen d’une volée assez hypothétique (frappée derrière le bassin et au-dessus de la hanche) mais qui finit dans la lucarne (1-0). La troisième, dès la reprise, voit un nouveau coup franc latéral de Nuzzolo coupé par la tête de Doudin (49e). A 2-0, le match semble plié. Servette, qui s’efforce de jouer à terre et de relancer depuis l’arrière, a la possession du ballon mais peu d’occasions franches.

Elles surviennent en fin de match, lorsque les entrées d’Adler et Alphonse donnent du tranchant à l’attaque et que celle de Tibert Pont, le seul à jouer en deux touches, fluidifie le jeu. Cadamuro (84e) réduit le score de la tête mais Servette concède sa première défaite d’entrée.

Une saison équilibrée

Marco Schällibaum, l’entraîneur d’Aarau, repart avec la certitude d’avoir visionné deux bonnes équipes et Gérard Castella, le sélectionneur national des M19, deux grands talents, l’attaquant genevois Adler Da Silva et le défenseur xamaxien Cédric Zesiger. Dans les vestiaires, c’est le principe des vases communicants. Les Neuchâtelois sont contents d’avoir bien commencé le match mais regrettent d’avoir laissé Servette revenir ensuite.

Les Genevois se sont trouvés trop respectueux en première mi-temps, plus entreprenants en seconde. Michel Decastel (Xamax) est satisfait du rendement de ses nouvelles recrues (Karlen, Corbaz, Nuzzolo), Anthony Braizat (Servette) ne cache pas qu’il cherche encore un avant de pointe. Il aurait bien aimé Karlen.

Tous s’accordent à dire que cette saison s’annonce particulièrement équilibrée et difficile. Sur les dix équipes engagées, cinq peuvent viser la montée: Aarau, Servette, Wil, Xamax et Zurich. Avec Winterthour, ils totalisent 37 titres de champion de Suisse et 18 victoires en Coupe de Suisse, mais leurs budgets réunis ne suffiraient pas à acheter Paul Pogba. Splendeurs et misères de la Challenge League.

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