Football

Young Boys au théâtre des rêves brisés

Battus sur le fil par Manchester United à Old Trafford (1-0), les champions de Suisse ne seront plus engagés sur la scène européenne au printemps prochain. Mais l'expérience ne leur aura pas été inutile

Young Boys n'ira pas plus loin en Ligue des champions, et n'aura pas l'opportunité de disputer l'Europa League pour se consoler. Il aurait fallu un petit miracle ce mardi soir contre Manchester United pour qu'il en aille autrement; il ne s'est pas produit.

Les Bernois se sont inclinés 1-0 à Old Trafford, leurs derniers rêves brisés devant les 75 000 spectateurs du «Theatre of Dreams». Leur dernier match de la saison sur la scène européenne aura lieu le 12 décembre au Stade de Suisse, contre la Juventus. Un match de gala sans autre enjeu que de profiter de l'expérience et d'honorer leurs supporters, qui étaient nombreux, bruyants et manifestement heureux malgré la défaite concédée en Angleterre.

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Lorsque le speaker a ouvert son micro pour annoncer la durée des arrêts de jeu, un résultat nul et vierge se profilait. Il aurait récompensé l'abnégation des champions de Suisse face à des adversaires plus forts qu'eux, à défaut de leur offrir un autre destin qu'une élimination pure et simple des compétitions continentales. Mais l'imposant Romelu Lukaku a trouvé le moyen de dévier le ballon pour son compatriote belge Marouane Fellaini, qui pouvait enfin tromper David von Ballmoos. «C'est frustrant car nous réussissons un bon match pendant 90 minutes de jeu, mais nous baissons notre garde dans les derniers instants. A ce niveau, cela ne pardonne pas», lançait le latéral Kevin Mbabu après la rencontre.

Le chemin parcouru

Jusqu'à sa réussite libératrice, Manchester United avait beaucoup tenté (22 tirs), souvent de manière imprécise (13 essais non cadrés). Mais les hommes de José Mourinho se sont également heurtés à des contradicteurs pugnaces. Combien de fois un pied, une jambe, un dos bernois ont-ils été placés en opposition juste à temps? Young Boys s'est démené pour se mettre à niveau. A ce titre, le parcours des Suisses en Ligue des champions n'aura pas été vain: ils ont beaucoup appris. «L'enseignement numéro 1, c'est qu'une équipe comme la nôtre ne peut poser des problèmes à une formation comme Manchester United que si si elle évolue à 120% de ses capacités», analysait le milieu de terrain Michel Aebischer après la douche.

Battus 3-0 lors de ses deux premiers matchs dans le groupe H (contre Manchester United et la Juventus), les hommes de Gerardo Seoane ont su relever la tête avec un nul 1-1 contre Valence. Malgré les défaites, leurs performancse solides en Espagne il y a trois semaines (3-1) puis à Old Trafford témoignent aussi du chemin parcouru. Car leurs adversaires n'ont pas joué à moitié. Mardi, les Mancuniens se devaient de gagner pour assurer leur qualification pour les huitièmes de finale. «Je suis frustré. Pas de l'attitude de mes joueurs, qui ont tout donné, qui sont sortis du terrain fatigués comme je le souhaite toujours, mais de ne pas avoir réussi à marquer plus tôt», lançait José Mourinho en conférence de presse d'après-match. Comme un hommage à la résistance bernoise.

Maintenant, le championnat

Selon l'expression consacrée, Young Boys pourra désormais se concentrer sur le championnat. Jusqu'ici, son aventure européenne n'aura pas prétérité ses résultats en Super League: l'équipe pointe en tête du classement avec 16 points d'avance sur le FC Bâle. «Bien sûr, cela nous a fait beaucoup de matchs à jouer, reconnaissait Kevin Mbabu, qui est par ailleurs en train de se faire sa place en équipe nationale. Mais Gerardo Seoane a parfaitement réussi à gérer l'effectif pour que cela n'ait pas un impact négatif sur nos performances. L'essentiel est de bien gérer les phases de récupération.»

Mais l'expérience acquise dans la plus prestigieuse des compétitions de clubs n'aura pas été vaine. «C'est dans ce genre de rencontres qu'on peut mesurer, individuellement et collectivement, ce qui nous sépare du très haut niveau, estimait le Genevois aux cheveux tressés. Concrètement, je dirais que nous avons des lacunes au niveau de l'efficacité et de la concentration par rapport aux joueurs de Manchester ou de la Juventus. Jouer contre eux est extrêmement stimulant pour nous, a fortiori pour les jeunes...»

«Nous pouvons être fiers»

Juste avant de quitter le «Theatre of Dreams», le Fribourgeois Michel Aebischer (21 ans) se souvenait qu'il n'y a pas si longtemps, il passait ses mercredis soirs devant les matchs de Ligue des champions diffusés à la télévision. «Et cette année, je les ai disputés... C'est génial.» Titularisé pour la première fois de la compétition à Old Trafford, il retiendra de l'expérience que «les plus grands footballeurs peuvent vraiment décider tout seuls de l'issue d'un match». Mais aussi que son équipe a fait bonne figure. «Je crois que nous pouvons être fiers.»

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