Fondé en 1967, le CP Zoug part à la conquête de son premier titre de champion de Suisse face au détenteur du record des titres (25), le légendaire Davos. Les Zougois partiront légèrement favoris. Au niveau de l'expérience ne disputent-ils pas leur troisième finale en quatre ans? Ils sont mûrs pour leur premier sacre. Fribourg Gottéron a connu la même mésaventure, finalistes à trois reprises consécutives mais à chaque fois battu. Après des quarts de finale contre Rapperswil et une demi-finale contre Ambri-Piotta conclus les deux fois après sept matches, les Zougois sont prêts à affronter les «jeunes pousses» grisonnes.

Le duel s'annonce spectaculaire entre un Davos qui ne modifie jamais sa façon de jouer misant sur un fore-checking incessant avec deux joueurs et un Zoug qui aligne le plus fort potentiel offensif avec de redoutables buteurs que sont Walz et McDougall. Lors du tour qualification, les deux équipes ont chacune gagné deux fois dont une sur la patinoire adverse. La différence de buts de 9-8 en faveur de Zoug témoigne de l'équilibre entre les deux formations.

Davos, qui s'est qualifié en cinq matches face à Gottéron, a pu préparer sa finale dans des conditions idéales. La formation d'Arno Del Curto n'a jamais été aussi proche d'un titre depuis douze ans lorsque les Grisons s'étaient inclinés à domicile lors de la première finale des play-off en 1986, qui avait vu le premier sacre de Lugano. Ce revers était le signal d'une longue descente aux enfers qui se ponctuait par une peu reluisante relégation en 1re ligue au terme de la saison 89-90. Les Grisons remontaient l'année suivante en LNB avant de retrouver la LNA à la fin de la saison 92-93 sous l'égide du président Werner Kohler.

Depuis plusieurs saisons, Davos prépare son avènement en menant une politique de transferts intelligente. Les jeunes du cru reçoivent l'apport d'espoirs venus de l'extérieur. Le meilleur exemple est représenté par les frères Jan et Reto Von Arx, arrachés à Langnau, alors qu'ils étaient encore juniors. L'entraîneur grison a su également relancer la carrière de Sandy Jeannin, qui s'embourbait dangereusement à Zurich avec Suhonen. Aujourd'hui, le Neuchâtelois est international. «Arno est un entraîneur qui sait motiver les joueurs. Après une défaite, il n'a pas son pareil pour nous remonter le moral», assure Jeannin, qui excelle au centre de sa ligne entre Riesen et le Russe Torgaev.

Pour un club qui assure son avenir année après année grâce à la Coupe Spengler, un titre de champion de Suisse amènerait peut-être un regain d'intérêt de la part des spectateurs durant le championnat. SI