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L’Espagnol Eduardo Alvarez Aznar a remporté à Zurich son premier Grand Prix dans un concours cinq étoiles.
© ENNIO LEANZA / Keystone

Hippisme

A Zurich, les meilleurs cavaliers ont mordu la poussière

L’antépénultième étape de la Coupe du monde a été fatale aux cadors du circuit. L’Espagnol Eduardo Alvarez Aznar en a profité pour signer sa première grande victoire

Dimanche, les spectateurs n’étaient pas nombreux à faire la queue devant le stand de paris Sporttip à l’issue de la Coupe du monde. Non pas que les jeux d’argent sont devenus moins populaires à Zurich, mais qui aurait parié sur une victoire de l’Espagnol Eduardo Alvarez Aznar (38 contre 1) devant l’Autrichien Max Kühner (36 contre un)? Le vainqueur fut finalement sans doute le seul à s’enrichir grâce à ce palmarès improbable. Il est reparti avec une voiture.

Les favoris sans leurs meilleures montures

Les favoris ont mordu la poussière lors de l’antépénultième étape de la Coupe du monde de Zurich. Il faut dire que le parcours était difficile et surtout que la plupart des têtes d’affiche avaient laissé leur crack à la maison pour monter leur monture de deuxième, voir de troisième choix. Peut-être est-ce une conséquence du calendrier de la Coupe du monde, puisque l’étape de Leipzig, en Allemagne, se déroulait le week-end passé, tandis que celle de Bordeaux sera disputée la semaine prochaine. Les Allemands et les Français ont sans doute préféré ménager leurs champions en vue du concours qui se déroule à domicile.

J’ai pris beaucoup de risques mais il faut dire que je n’avais rien à perdre

L’Espagnol Eduardo Alvarez Aznar n’a cependant pas démérité dans le barrage et a signé un chrono extrêmement rapide avec son selle français Rokfeller de Pleville Bois Margot. «Je ne pourrais pas être plus heureux, a-t-il déclaré. J’ai pris beaucoup de risques mais il faut dire que je n’avais rien à perdre. Je n’avais pas de points pour le classement de la Coupe du monde et la finale n’était pas mon but.»

106e mondial, le cavalier de 33 ans a remporté à Zurich son premier Grand Prix dans un concours 5 étoiles. Son seul autre classement de la semaine était une place d’honneur dans la Knock-out, une épreuve d’attraction. Sur sa page Facebook, on peut voir quelques photos et une petite annonce pour un casque d’équitation à vendre d’occasion.

Un père ancien champion

Le nom de l’Espagnol n’est cependant pas totalement inconnu aux connaisseurs puisqu’il est le fils de Luis Álvarez de Cervera, un cavalier qui a participé à six olympiades entre 1972 et 1996. Eduardo travaille toujours aux côtés de son père, près de Madrid, mais il connaît bien la Suisse. A 18 ans, il est venu s’entraîner durant un an et demi chez le champion Thomas Fuchs près de Zurich. C’est durant cette période qu’il a décidé de devenir cavalier professionnel. Avant le rendez-vous zurichois, l’Espagnol a encore passé 10 jours chez son ancien coach pour y recueillir ses conseils.

Cette victoire ne suffira pas à qualifier Eduardo Alvarez Aznar pour la finale de la Coupe du monde, mais comme l’appétit vient en mangeant, il songe à participer aux deux dernières étapes qualificatives de Bordeaux et de Götteborg pour essayer de réitérer son exploit.

Deuxième du Grand Prix, l’Autrichien Max Kühner, signait lui aussi à Zurich le meilleur résultat de sa carrière en selle sur Cornet Kalua. Il devançait le Colombien Carlos Enrique Lopez Lizarazo.

A lire aussi:  Romain Duguet, l’ascension éclair d’un talentueux cavalier

Honneur aux outsiders

Parmi les cavaliers helvétiques également, les places d’honneur sont revenues aux outsiders. Paul Estermann s’est classé au sixième rang avec Lord Pepsi et Werner Muff, au huitième rang avec Pollendr. Tous deux ont fait tomber une barre au barrage. Les deux cavaliers font partie des bonnes cravaches helvétiques qui se retrouvent souvent parmi les remplaçants ou les viennent-ensuite lors des grands championnats.

Ils devront probablement se disputer une fois encore le rôle ingrat du cinquième cavalier lors des championnats d’Europe qui se tiendront à Göteborg, en Suède, au mois d’août. Il sera difficile de déloger l’excellent quatuor des derniers Jeux de Rio formé par Steve Guerdat, Romain Duguet, Janika Sprunger et Martin Fuchs.

A lire aussi: Steve Guerdat, portrait d’un champion

Le double vainqueur et tenant du titre de la finale de la Coupe du monde Steve Guerdat était d’ores et déjà assuré de pouvoir prendre part à la finale. Cela ne l’a pas empêché de briller durant la saison hivernale puisqu’il occupe la cinquième place du classement provisoire.

A Zurich, il avait laissé au repos ses meilleurs chevaux pour seller Big Red. Pour sa première participation à une épreuve de la Coupe du monde, la jument a fait tomber une barre lors du parcours initial. Le champion olympique jurassien se concentre désormais sur son prochain déménagement puisqu’il a acquis les anciennes installations du cavalier Paul Weier à Elgg, dans le canton de Zurich.

La chute de Martin Fuchs

Le grand absent de cette Coupe du monde était Martin Fuchs. Le jeune Zurichois de 24 ans nommé l’an passé meilleur cavalier du concours a renoncé bien malgré lui à s’aligner sur «sa» piste. Vainqueur du Grand Prix de vendredi, il a lourdement chuté le lendemain dans une épreuve de moindre importance. Son cheval a trébuché après avoir traversé un obstacle et Martin Fuchs a reçu un violent coup de sabot sur la tête. Il avait quitté la piste le visage en sang devant un public tétanisé. Malgré des contusions et un nez cassé, le fils cadet de Thomas Fuchs espérait pouvoir prendre part à la Coupe du monde, mais les médecins ont considéré l’entreprise trop risquée.

Onzième du classement provisoire, Martin Fuchs comptait sur l’étape zurichoise pour assurer sa participation à la finale. Seuls les 18 meilleurs cavaliers de la saison hivernale pourront participer à la finale le 2 avril à Omaha, aux Etats-Unis.

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