L’éditeur du jour

En 2002, la faillite de l’empire médiatique allemand Kirch, qui détenait jusque-là 40% du capital d’Axel Springer, menaçait de bouleverser l’équilibre du paysage médiatique suisse. Ringier avait alors longuement négocié la reprise de cette participation minoritaire dans le groupe berlinois, une opération perçue en Suisse comme une première étape vers une fusion entre les éditeurs zurichois et allemand. L’éventualité d’un tel rapprochement avait alors suscité un large émoi, qui allait bien au-delà du seul microcosme médiatique. Plusieurs partis s’y étaient ouvertement opposés. Au final, après plusieurs mois de suspense, Michael Ringier a finalement interrompu les négociations en novembre de cette année.

En moins d’une décennie, Axel Springer a solidement pris pied en Suisse. En 1999, le premier groupe de presse allemand faisait une première entrée discrète sur le marché suisse en acquérant la majorité du capital-actions de la Handelszeitung. C’est toutefois en reprenant l’ensemble des activités du groupe de presse zurichois Jean Frey en décembre 2006 que le groupe allemand a véritablement consolidé sa présence sur le marché helvétique. Désormais, Axel Springer édite en Suisse cinq magazines économiques (Handelszeitung, Bilanz, Stocks, PME Magazine, PrivateBanking) et autant de publications spécialisées. S’y ajoute encore le magazine pour consommateurs alémaniques Beobachter, différents guides de programmes de télévision et plusieurs sites internet.

Fondé en 1946 par l’éditeur du même nom, Axel Springer est désormais présent dans 36 pays et occupe plus de 10 000 collaborateurs. Le groupe, qui édite 170 publications écrites, n’a pas manqué le virage de l’ère numérique et propose 80 sites en ligne. En 2009, son chiffre d’affaires s’est établi à 2,6 milliards d’euros, avec un résultat opérationnel de 334 millions d’euros.