Dans cette crise, la Suisse est restée très silencieuse. Les Suisses ont eux découvert que leur épargne était peu garantie. Un débat politique est lancé sur ce sujet. Qu'en pensez-vous?

GC:Sur le fond, je ne suis pas persuadé que la garantie soit la meilleure chose mais, dans la situation actuelle, il n'y avait pas d'autre choix. Cela ne veut pas dire qu'elle doit être maintenue comme un acquis social.

BK:Les banques devraient pouvoir choisir de contracter, ou non, une assurance pour bénéficier d'une telle garantie. On devrait aussi mener une propagande éhontée pour le système bancaire suisse, qui a été capable de se restructurer seul, sans l'Etat. Voilà un avantage qui va nous amener beaucoup d'argent, sans avoir à se prévaloir du secret bancaire. La Suisse a gagné incroyablement en stature par cette non-intervention. Je ne comprends pas les politiciens qui critiquent cela. Pourquoi appeler les pompiers lorsqu'il n'y a pas d'incendie? Ils sont fous!

CT: La Suisse a passé le cap sans intervention de l'Etat, mais le boulet n'est pas passé loin. Ce n'est pas parce que le problème ne s'est pas posé qu'il ne faut pas y réfléchir. D'autant que la taille des deux énormes banques qui dominent le marché pose un défi par rapport aux capacités d'intervention de l'Etat.

BK: On met toujours en évidence la taille du budget de la Confédération ou le PIB en regard des engagements totaux d'UBS. Or, dans le cas extrême d'une intervention, il ne faudrait pas sauver la totalité des avoirs, mais la partie en difficulté.