L’Union suisse des paysans (USP) ne fait pas les choses à moitié. Malgré le temps pluvieux de ce mardi matin, c’est en cortège depuis la Fosse aux ours de Berne qu’elle s’est rendue à la Chancellerie fédérale afin d’y déposer son initiative pour la sécurité alimentaire. Des délégations de tous les cantons étaient présentes, avec leurs produits régionaux. Les agriculteurs ont même formé une fanfare pour l’occasion.

Car il y a de quoi faire la fête. L’Union suisse des paysans a récolté les 100 000 signatures nécessaires à l’aboutissement de son initiative sur la sécurité alimentaire en près de deux mois. Mais elle a néanmoins poursuivi l’exercice pour atteindre près de 150 000 signatures afin de montrer à quel point la population soutient son objectif: renforcer la production de denrées alimentaires de proximité et de qualité.

Ces dernières années, la politique agricole (PA) a changé de cap. Les subventions visent moins à soutenir la production que les prestations écologiques des agriculteurs. Le taux net d’auto-approvisionnement a ainsi baissé de 4% en deux décennies et ne s’élève plus qu’à 54%. L’USP s’inquiète également de la perte de terres agricoles, soit 33 000 hectares sacrifiés ces douze dernières années.

L’USP entend modifier le cap de la politique agricole afin qu’elle réponde mieux aux défis à venir, à savoir continuer à nourrir une population qui ne cesse de croître avec des denrées saines et de proximité. Un objectif louable, même s’il soulève le scepticisme des organisations environnementales. Pro Natura notamment craint le retour d’une agriculture intensive et polluante.