Mille à 1500 nouveaux emplois pourraient être supprimés au sein de l'administration fédérale, ceci dans le cadre du programme d'économies 2004. En se basant sur de méticuleux calculs faits dans son département, le nouveau ministre des Finances Hans-Rudolf Merz pourrait en effet proposer d'économiser 5% du budget de fonctionnement de l'Etat central, qui emploie encore 33 000 personnes. Ce deuxième programme d'allégement budgétaire permettrait ainsi d'économiser 180 millions de francs dans le seul domaine du personnel. Il vise en tout des économies de l'ordre de 2,5 milliards de francs. Le programme d'économies 2004 doit encore obtenir l'aval du Conseil fédéral.

Peter Hablützel, chef de l'Office fédéral du personnel, a confirmé à la SonntagsZeitung le chiffre de 1000 à 1500 emplois sur lesquels plane l'épée de Damoclès. Ces suppressions d'emplois envisagées – les propositions découlent en fait d'une étude de l'Administration fédérale des finances et de l'Office du personnel – viendraient s'ajouter à celles déjà prévues dans le programme d'économies 2003. Quelque 800 emplois sont déjà visés, auxquels il faut ajouter 2500 postes supprimés dans le seul Département de la défense (DDPS). Le régime minceur auquel l'administration fédérale est attelée devrait ainsi se solder ces prochaines années par la disparition de près de 4500 emplois au total.

La nouvelle proposition du DFF affole déjà les syndicats de la fonction publique. Hans Müller, secrétaire de l'Union du personnel fédéral, n'hésite ainsi pas à parler de «mesures de lutte». Peter Hablützel cherche de son côté à apaiser les grognes naissantes: ces emplois pourraient, «dans la mesure du possible», se faire sans licenciements. Ceux dont le poste sera supprimé devraient pouvoir en retrouver un autre au sein de l'administration. Peter Hablützel a par ailleurs précisé dimanche à l'ATS que le Grand argentier ne s'était pas encore officiellement prononcé sur la possible suppression de 1000 à 1500 emplois fédéraux. «Peut-être proposera-t-il de couper 3000 ou 5000 postes, nous ne le savons pas encore», a-t-il déclaré.

Le DFF remet en question la poursuite de la mission de la Swisscoy au Kosovo, forte de 200 soldats. Hans-Rudolf Merz aimerait la supprimer fin 2005 pour économiser 40 millions de francs, sujet qui promet de provoquer une grosse bagarre au sein du Conseil fédéral. Hans-Rudolf Merz précise toutefois ne rien vouloir décider dans la précipitation. Il veut se donner du temps pour peaufiner le programme d'allégement budgétaire 2004. Le ministre ne s'y attellera ainsi véritablement qu'après la votation sur le paquet fiscal, prévue le 19 mai prochain.