Les électeurs n'ont probablement pas saisi tous les détails des neuf objets qui leur étaient soumis le 18 mai et le PS, favorable aux sept initiatives, n'a pas toujours été suivi par ses troupes. Tels sont deux des enseignements qui ressortent de l'analyse Vox des dernières votations fédérales, qui a été publiée vendredi. L'enquête a été réalisée auprès d'un échantillon de deux fois mille personnes. Récoltées par l'institut GfS, les données ont été analysées par l'Institut des sciences politiques de l'Université de Zurich. Elles indiquent que «la participation au vote se situe au-dessus de la moyenne de la dernière décennie». Avant le scrutin, on s'était cependant demandé si les électeurs seraient capables de digérer les neuf objets proposés. Prudemment, l'analyse Vox ne dément ni ne confirme cette crainte. Toutefois, relèvent ses auteurs, «le pourcentage des personnes en mesure de citer le thème des votations se situe nettement au-dessous de la moyenne des dernières années et des motifs sans rapport avec le contenu ont souvent été mentionnés comme motifs de vote.»

C'est par exemple le cas des deux objets militaires. Selon Vox, les gens se sont prononcés en fonction de critères assez généraux. Le résultat positif s'explique par le fait que l'électorat n'a pas considéré la réforme proposée comme «une décision relative à l'indépendance et à la neutralité de la Suisse». La stratégie des adversaires, qui ont tenté d'en faire un vote sur la fin du système de milice et l'entrée dans l'OTAN, a ainsi échoué. Les électeurs n'ont pas non plus très bien saisi les enjeux de l'initiative «pour des loyers loyaux». Ils ont voté pour ou contre en fonction de motifs généraux, selon leur sensibilité politique et leur statut de locataire ou de propriétaire. Mais si les propriétaires ont voté à 80% contre ce texte, les locataires ne l'ont soutenu qu'à 51%, ce qui en démontre la complexité.

Si les votants n'ont eu aucune peine à se prononcer sur l'initiative «Sortir du nucléaire», «Moratoire plus», plus difficile à saisir, les a laissés perplexes. Contrairement à ce qui s'était produit en 1990, les partisans du moratoire n'ont, cette fois-ci, pas débordé du cercle de la gauche et des Verts. Partisans et opposants se rejoignent cependant sur un point: ils ne désirent pas de nouvelle centrale en Suisse. Vox relève encore que les jeunes ont une attitude moins méfiante envers l'énergie atomique que les 40-49 ans.

A propos de l'initiative-santé, Vox constate que le PS «n'a pas réussi à rassembler de manière homogène ses propres troupes», car seuls 59% de ses sympathisants l'ont soutenue. Le fait que beaucoup de votants ignoraient si l'initiative allait augmenter ou réduire les coûts a clairement joué en sa défaveur. L'initiative sur les handicapés a échoué parce qu'elle a été jugée trop coûteuse. Enfin, celles sur les places d'apprentissage et les dimanches sans voitures doivent leur rejet à leur côté contraignant.