La ville de Bex a été le théâtre, jeudi soir, d'une vaste opération de police afin de démanteler un réseau de trafic de drogue. Simultanément, pas moins de 180 policiers et spécialistes vaudois et valaisans ont investi deux établissements publics, des appartements ainsi que plusieurs chambres du centre de requérants d'asile (Fareas).

Plusieurs semaines d'enquêtes avaient permis d'établir que de nombreux dealers africains organisaient leur distribution depuis deux bars situés au centre de la ville vaudoise. «Les trafiquants étaient très bien structurés et continuellement sur leur garde. Ils avaient un système de guetteurs», relève Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise, pour justifier la taille de l'effectif de police déployé. La simultanéité de l'opération explique également une telle proportion.

Votation dans deux semaines

L'opération a débouché sur la saisie de stupéfiants, de matériel de conditionnement et sur l'interpellation de 54 personnes, dont 24 ont été gardées en cellule au centre de la Blécherette, à Lausanne. Maintenues à disposition du juge d'instruction, elles sont inculpées d'infraction à la loi fédérale sur les produits stupéfiants et à la loi sur le séjour et l'établissement des étrangers. Il s'agit de 15 requérants d'asile, 3 NEM et 3 étrangers en situation irrégulière, tous originaires d'Afrique. Deux Suisses et un Italien ont également été arrêtés. Cependant, les investigations se poursuivent à l'encontre d'une vingtaine de dealers formellement identifiés, mais encore en liberté.

«La police cantonale vaudoise entendait, au travers de cette intervention, apporter un signal fort, en ne tolérant pas le développement de lieux ouverts au trafic», relève Jean-Christophe Sauterel. Elle entend, par ailleurs, maintenir sa pression sur les dealers de rues, dans l'ensemble du canton, au moyen de son dispositif Strada.

Cette opération intervient deux semaines avant que la population bellerine ne se prononce sur une initiative demandant le rachat et la réaffectation du centre Fareas. La police précise toutefois que cette descente n'a été dictée par aucun autre impératif que l'enquête. «Ce sont les forces de l'ordre qui ont défini la date tandis que la justice a délivré les mandats nécessaires.» L'officier de presse explique encore que «d'autres enquêtes similaires sont en cours et qu'elles déboucheront sur des interventions dans d'autres lieux du canton. Les effectifs, quant à eux varieront selon la grandeur des réseaux visés».