Dimanche, ils regarderont eux aussi avec plus ou moins de recueillement l'allocution télévisée de Madame la Présidente de la Confédération, soigneusement enregistrée à leur intention sur une cassette vidéo. Certains mangeront même de la salade de pommes de terre à la lueur des lampions, tandis que d'autres allumeront un vrai feu du 1er Août ou écouteront un authentique joueur de cor des Alpes. Seule différence: en lieu et place du discours des autorités locales, ils écouteront celui de Monsieur l'Ambassadeur.

Des rues de Pékin aux plages d'Afrique, quelques dizaines de milliers de Suisses se retrouveront pour célébrer la fête nationale loin de la Suisse. Ambassades et Clubs suisses organisent d'ailleurs à leur intention des soirées officielles, plus ou moins teintées de patriotisme. Tout sera fait pour oublier ce qui se passe au-delà des murs des ambassades et autres bâtisses officielles, histoire de laisser libre cours à la fête: dans leur discours – s'ils en font un – les hôtes diplomates évoqueront le moins possible la situation du pays où ils se trouvent: «Ce n'est pas le lieu», disent-ils en cœur. On festoie, on ne disserte pas.

Bref: tandis que Ruth Dreifuss évoquera l'ouverture de la Suisse à l'Europe et au monde, les Suisses d'ailleurs tenteront, eux, de se replonger dans l'exotisme de leur suissitude. Petit tour des 1er Août du monde.