Transports publics

Dès le 1er août, le SwissPass remplace les abonnements CFF

Les abonnements généraux et demi-tarif actuels vont céder la place à une carte de couleur rouge valable dans tout le pays. Les entreprises de transport investissent 60 millions dans ce projet

L’abonnement général, le demi-tarif ou l’abonnement Unireso blanc ont bientôt vécu. Ces titres de transport seront progressivement remplacés par le nouveau SwissPass de couleur rouge, mis au point par l’Union des transports publics (UTP), les CFF et les 240 entreprises de transport partenaires.

Le SwissPass est une transition en direction de la billetterie entièrement électronique, qui devrait venir plus tard. Mais c’est une étape significative, assure le directeur de l’UTP, Ueli Stückelberger. Sur ce document en forme de carte de crédit figurera un nombre très réduit d’informations: la photo du titulaire, son nom, sa date de naissance et un numéro de client. Toutes les autres indications figureront dans une banque de données à laquelle le contrôleur aura accès en scannant la puce du SwissPass. Il saura si l’abonnement est valable, de quel type de titre de transport il s’agit, quelle en est la validité.

Le talon d’Achille de ce changement sera la durée des contrôles. Il faudra deux à trois fois plus de temps pour vérifier le titre de transport et l’identité d’un passager, dont rien, sur la carte, n’indiquera d’ailleurs s’il est francophone ou germanophone. «Mais la qualité du contrôle sera meilleure», tempère Jeannine Pilloud, directrice de la division Voyageurs des CFF.

Unireso et Mobilis convertis

Les entreprises vont devoir remplacer l’équipement de contrôle. A bord des trains CFF, les lourds boîtiers rouges disparaîtront au profit de smartphones plus légers. Le changement coûtera 61 millions aux entreprises partenaires, 44 millions étant investis dans le développement du projet et le reste dans le changement des appareils de saisie.

Le projet a été soumis au Préposé fédéral à la protection des données et au conseil clientèle des CFF. Ces organes ont insisté pour que la localisation des passagers ainsi que les lieux de départ et d’arrivée ne puissent être enregistrés ou utilisés à d’autres fins, explique Jeannine Pilloud.

Le système permettra de prolonger automatiquement un abonnement. Chaque usager sera cependant averti par courrier de l’échéance de son sésame afin qu’il puisse le modifier ou le résilier à temps s’il le souhaite.

Les premiers SwissPass seront livrés à des clients pilotes triés sur le volet à fin mai. La prévente publique débutera le 15 juin avec entrée en vigueur le 1er août. Dans un premier temps, l’abonnement général, le demi-tarif, les cartes Mobility et PubliBike ainsi que les abonnements de plusieurs sociétés de remontées mécaniques (Jungfrau, Engelberg Titlis, notamment) seront intégrés dans le SwissPass.

Petit à petit, les communautés tarifaires entreront à leur tour dans le système. Les réseaux genevois et vaudois Unireso et Mobilis seront les premiers à se convertir au SwissPass rouge, en principe au changement d’horaire de décembre 2016. «Le fait que le type d’abonnement n’apparaisse pas sur la carte offre une grande souplesse de choix à la clientèle. Chacun pourra facilement modifier son abonnement», confie au Temps Christoph Stucki, président du comité de gestion d’Unireso. «Le grand défi sera pour nous d’intégrer le RER franco-genevois dans le SwissPass», ajoute-t-il.

Techniquement, il serait déjà possible de passer à un système entièrement électronique. Mais il a fallu obtenir l’adhésion de la majorité des compagnies – «80% ont soutenu la solution retenue», relève Ueli Stückelberger. En outre, complète Christoph Stucki, la clientèle n’est sans doute pas encore totalement prête à faire ce saut. Enfin, le passage au tout-électronique nécessitera la pose de détecteurs d’entrée et de sortie sur les portes de tous les trains, de tous les bus et de tous les trams.

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