La question devait être particulièrement sensible pour que le gouvernement genevois attende neuf mois avant de répondre (LT du 19.10.2004). «Quels sont les coûts de la communication de l'Etat de Genève?» demandait par écrit le député libéral Pierre Weiss le 23 janvier dernier. Le verdict rendu mercredi par le Conseil d'Etat ne manquera pas de pimenter le débat budgétaire de la semaine prochaine: en 2003, le canton a dépensé près de 8 millions de francs pour la communication et l'information.

Mandatée par le Conseil d'Etat pour recenser le nombre de postes au sein des services de communication de l'administration cantonale ainsi que les différentes publications étatiques, la Chancellerie n'est pas parvenue à distinguer, comme elle entendait le faire, communication et information. Pour l'année 2003, ces deux secteurs représentaient 55,2 postes, dont 20,75 pour le Département de l'action sociale et de la santé et 14,6 à l'Instruction publique. La Chancellerie estimant le coût d'un poste à 100 000 francs par année, le total s'élève donc à 5,5 millions. Quant aux quelque 88 publications, information et communication confondues, elles ont coûté 2,3 millions.

En parcourant le rapport détaillé du Conseil d'Etat, on apprend ainsi que la publication Projets d'urbanisme, tirée à 2000 exemplaires et destinée aux «spécialistes», a coûté 150 000 francs en 2003. Pour les 1000 exemplaires du Bulletin de la division agriculture, qui s'adresse aux «partenaires et correspondants du service», l'Etat a injecté 70 000 francs. Mais la palme revient sans doute à la publication mensuelle Générations (43 000 exemplaires), pour tous les publics mais surtout les personnes âgées, dans laquelle ont été investis 275 000 francs.

Des chiffres qui font frémir Pierre Weiss: «J'avais estimé le nombre de chargés de communication à 40 et on se retrouve à 55. Cela me paraît surdimensionné. Il s'agit désormais de distinguer les postes superflus des autres. Un exercice indispensable, surtout quand on le replace dans le contexte du débat budgétaire: pour 2005, le DIP ne demande pas moins de 75 postes.»

L'Instruction publique critiquée

Le député libéral porte un regard particulièrement critique sur le département du conseiller d'Etat socialiste Charles Beer, à l'origine de la question sur les coûts de la communication. La polémique avait éclaté en janvier dernier, à la suite d'un voyage au Canada entrepris par Charles Beer et quatre journalistes du Temps, de la Tribune de Genève et du Courrier. Pierre Weiss avait alors interrogé le Conseil d'Etat sur les coûts du voyage de ces invités, «en période de rareté financière». Dans sa réponse écrite, le gouvernement a indiqué que deux tiers des frais de ce périple ont été pris en charge par l'Etat, soit 8224 francs (2056 francs par journaliste); le dernier tiers a été financé par les rédactions concernées.