Le rejet de la baisse du taux de conversion à 72,7% est sans doute l’un des revers les plus cinglants infligés au Conseil fédéral, à la majorité du parlement et aux organisations économiques, dont la proximité n’est plus à démontrer. Il rappelle l’échec du 16 mai 2004, qui avait était triple. Ce jour-là, la population a refusé la onzième révision de l’AVS à 67,9%, la hausse de la TVA pour l’AVS à 68,6% et le paquet fiscal à 65,9%. La politique sociale est assurément l’un des enjeux à manier avec le plus de prudence en votation populaire. C’est dans ce domaine que la coalition gouvernement-majorité de droite du parlement-milieux économiques a subi ses principaux revers. En 1996, la révision de la loi sur le travail, portée par une telle alliance, a échoué à 67% parce qu’on avait refusé de compenser l’extension du travail de nuit et du dimanche. La même année, dans une constellation politique identique, une révision de l’assurance chômage n’a pas passé le cap du vote populaire (50,8%) de non.

En 1992, l’entrée de la Suisse dans l’Espace économique européen, soutenue par la droite (à l’exception de l’UDC), le gouvernement, l’économie et une partie de la gauche, avait été rejetée par 50,3% de la population. La même association gauche-centre droit-économie-Conseil fédéral a été battue en novembre 2009 sur l’i nitiative contre la construction de minarets (53,4% de oui et 19,5 cantons sur 23).