Grand Genève

Les trams transfrontaliers, un enjeu stratégique pour l’agglomération

Le vote des Genevois contre le financement des parkings-relais sur sol français jette le doute d’autres financements franco-suisses prévus pour le développement des transports publics de l’agglomération

Les trams transfrontaliers, enjeu stratégique de l’agglomération

C’était le premier projet – et le plus petit – qui devait être financé par le fonds franco-genevois destiné aux infrastructures transfrontalières. En 2012, lors de l’«accord de Nantua», Genève a accepté de consacrer quelque 240 millions d’euros à ce but, sur dix ans.

En rejetant les 3 millions de francs destinés aux parkings d’échange sur sol français, les électeurs genevois ont remis en question un mode de financement prévu pour d’autres réali­sations d’intérêt commun. A commencer par le prolongement au-delà de la frontière de lignes de tram genevoises, qui devrait aussi bénéficier d’un cofinancement suisse.

Deux d’entre elles sont concernées au premier chef: le prolongement de la ligne 12 de Moil­lesulaz vers Annemasse. Coût: 90 millions d’euros, dont la Confédération assumerait 30%. Les travaux se situent essentiellement en France, la Suisse n’ayant qu’à aménager les abords de la frontière. Les travaux auraient dû commencer cet été pour une mise en service en 2016-2017, mais le projet a pris un an de retard, en raison d’obstacles français, avant même le vote de dimanche. Celui-ci a renforcé l’incertitude sur la suite des opérations, en jetant le doute sur le financement franco-suisse du tronçon français.

Le prolongement de la ligne 15 des Palettes vers Saint-Julien à travers la zone industrielle de Plan-les-Ouates et le futur nouveau quartier des Cherpines. Coût: 192 millions de francs. Le financement de la partie suisse (4,5 km) est garanti par Genève et la Confédération, qui prendrait 40% à sa charge. Bien que l’inclusion de ce projet dans le plan d’agglomération ait été récemment confirmée, le financement de la partie française (2 km) subit les mêmes incertitudes que la ligne précédente. En principe, les travaux devaient démarrer en 2017 pour une mise en service entre 2019 et 2022.

Deux autres prolongements vers la France sont envisagés. Celui de la ligne 14 du CERN vers Saint-Genis. Coût: 35 millions d’euros. Les 300 mètres à réaliser jusqu’à la frontière française, à l’horizon 2022, ne posent pas de problème de financement. Par contre, l’Office fédéral des transports (OFT) n’a pas retenu comme prioritaire la prolongation du tram jusqu’à Saint-Genis, en raison d’un bassin de population insuffisant. La réalisation de la majeure partie de ce projet est donc de toute manière hypothéquée.

Le prolongement de la ligne 15 de la place des Nations vers Ferney-Voltaire. Il s’agit là d’une réalisation purement suisse: le terminus de Ferney est situé sur sol suisse et la France prévoit de relier le centre-ville avec des bus. Les travaux pourraient commencer en 2021-2022.

Enfin, la votation de dimanche n’aura pas d’impact sur le prolongement vers Bernex du tram 14, qui s’arrête aujourd’hui avant la localité. Le démarrage des travaux, d’un coût de 100 millions de francs (avec une aide fédérale de 40%), est prévu pour 2018.

Le trafic transfrontalier, qui a déjà explosé depuis 1990 (+58% pour les véhicules privés, +65% pour les transports publics) continuera d’augmenter fortement, prévoit le canton dans son programme Mobilités 2030.

Publicité