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«En France, l’e-cigarette est un business qui promet, malgré les limitations de son usage»

Le marché de la «vape» se professionnalise. Le chiffre d’affaires des boutiques a baissé avec la multiplication des points de vente. L’Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique pointe une «reprise du tabac en lien avec des messages négatifs sur le vapotage»

«Un business qui promet»

Fin 2013, le négoce de l’e-cigarette et des liquides nicotinés avait explosé en France. «C’était un mouvement frénétique. N’importe quelle boutique, même très mal placée, avait sa chance», se souvient Sébastien Haas, patron de trois points de vente en Haute-Savoie et d’un autre à Genève. ­Entre octobre 2013 et janvier 2014, So Smoke, son premier négoce, réalise 100 000 euros de chiffre d’affaires mensuel. Ce chiffre «délirant» est aujourd’hui tombé de moitié. «Annemasse compte désormais six ou sept boutiques. La part du gâteau est réduite et le marché se resserre», dit-il.

Autre facteur de baisse, selon le commerçant, la phase d’achat du matériel de base est passée. «Désormais, environ 70% du chiffre d’affaires provient de la vente de fioles de liquides nicotinés», souligne Sébastien Haas. Qui pointe aussi une multiplication «des contrefaçons chinoises, avec des réservoirs qui fuient, qui chargent mal et qui ne s’éteignent pas automatiquement; ce qui nuit au business et à l’image de l’e-cigarette.» Malgré les restrictions prévues en France autour de l’usage de ce produit, Sébastien Haas – dont le magasin suisse sans nicotine «ne dégage pas de bénéfices» – est persuadé que le marché de la vape garde «un magnifique avenir». L’homme compte ouvrir prochainement un 4e magasin à Annemasse. A Paris, l’Association indépendante des utilisateurs de cigarettes électroniques (Aiduce) confirme le tassement de la croissance des ventes d’e-cigarettes. «Pour la première fois depuis 2013, le tabac remonte», regrette son président, Brice Lepoutre, allusion à une baisse historique des ventes de tabac dans le pays l’an passé. «Les interdictions dans les entreprises créent un sentiment de peur autour de l’e-cigarette», regrette l’Aiduce, qui a été reçue en octobre par le Ministère de la santé. «Le contenu des messages sur l’e-cigarette est crucial», juge Brice Lepoutre, dont l’association distribue un fascicule d’information aux médecins.

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