Votation

En 2015, la redevance a donné la frayeur de sa vie politique à Doris Leuthard

Le 14 juin 2015, les Suisses se sont prononcés sur l’élargissement de la redevance. Le vote a débouché sur l’un des résultats les plus serrés de l’histoire: 3696 voix d’écart, un refus des cantons. En ce jour du choix sur «No Billag», retour sur un dimanche intense, avec la carte détaillée du résultat

Le 14 juin 2015, les Suisses se prononçaient sur une modification de la loi sur la radio-TV (LRTV) qui instaurait la redevance quasi universelle. Face à la généralisation des écrans, petits et grands, le Conseil fédéral estimait que la déclaration de possession, ou non, d’un appareil de réception n’était plus d’actualité. A quelques rares exceptions près, limitées dans le temps, tout le monde serait assujetti, y compris les entreprises.

Jean-François Rime, déjà

C’est ce point notamment qui a enflammé le débat. L’Union suisse des arts et métiers, emmenée par Jean-François Rime (FR/UDC), a bataillé ferme contre ce qu’elle dénonçait comme une double imposition, des patrons et des employés, puis des PME. On a retrouvé Jean-François Rime dans la mêlée «No Billag», avec les mêmes arguments

L’après-midi du dimanche de vote, ce 14 juin 2015, a été intense. Le résultat n’a été connu qu’à 16h28, avec un modeste refus de la LRTV dans le canton de Berne – après Zurich –, pas assez massif pour éviter l’acceptation de la loi.

Un score mince comme un papier à cigarette

Le score de la LRTV a été l’un des plus minces de l’histoire de la démocratie semi-directe. Le texte défendu par Doris Leuthard a passé la rampe grâce à une différence de seulement 3696 voix. Il s’agissait d’un référendum contre la loi; la majorité des cantons n’était pas requise – si elle l’avait été, le texte aurait été jeté aux oubliettes. Seize cantons et demi ont refusé, 6,5 ont dit oui, dont les Romands sauf le Valais ainsi que Bâle-Ville.

Pour les plus assidus: Retrouvez notre suivi en continu, ce dimanche-là.

Cette victoire même serrée, ou parce qu’elle a été aussi tendue, a assis la position politique de Doris Leuthard, souvent victorieuse en votation populaire depuis une première bataille en 2006, année de son accession au gouvernement.

Au terme du suspense, ce dimanche-là, Gilles Marchand, alors directeur de la RTS – il a pris depuis la tête de la maison mère SSR – estimait que cette campagne animée, et ce score dans un mouchoir de poche, posait trois questions aux chaînes financées par la redevance: les liens entre le public et le privé, la place du service public, et l’émergence d’une population qui ne veut payer que pour ce qu’elle consomme. Peu ou prou, ce fut exactement le cadre du débat de «No Billag».

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