Voisinage

France-Suisse: dix raisons de coopérer

La visite de François Hollande doit permettre d’intensifier les projets communs. La Suisse et la Genève internationale ont besoin du soutien politique de la France. «La Suisse est le pays le plus proche de la France», disait François Mitterrand, selon son ancien ministre Roland Dumas

France-Suisse: dix raisons de coopérer

Voisinage La visite de François Hollande doit permettre d’intensifier les projets communs

La Suisse et la Genève internationale ont besoin du soutien politique de la France

«La Suisse est le pays le plus proche de la France», disait François Mitterrand, selon son ancien ministre Roland Dumas

Comme pour faire oublier dix-sept ans d’absence française, c’est une impressionnante délégation de l’appareil d’Etat français qui accompagne ce mercredi le président François Hollande pour sa visite officielle de deux jours en Suisse. Trois ministres, Ségolène Royale (Ecologie, développement durable et énergie), Najat Vallaud-Belkacem (Education, enseignement et recherche) et François Rebsamen (Travail et emploi), deux secrétaires d’Etat, Harlem Désir (Affaires européennes) et Axelle Lemaire (Numérique), ainsi que les quatre présidents des régions voisines, des députés, dont l’élue des Français de Suisse Claudine Schmid… De toute son histoire la Suisse n’a sans doute jamais accueilli une délégation aussi imposante.

Retenu à l’Assemblée nationale par le programme de stabilité du gouvernement, le ministre des Finances, Michel Sapin, ne sera finalement pas du voyage.

«Peut-être va-t-on rejouer entre Suisse et France une nouvelle paix perpétuelle, 499 ans après le Traité de Fribourg», souriait un haut fonctionnaire franco-suisse. Si cette visite a été rendue possible, c’est aussi que les tensions entre les deux pays autour des questions fiscales et du secret bancaire se sont apaisées.

La «paix fiscale» annoncera-t-elle «le retour à une certaine intimité des liens entre les deux sociétés», comme le souhaitait l’ancien ambassadeur de France à Berne, Michel Duclos? Officiellement, les deux pays entretiennent d’excellentes relations d’amitié. Mais il n’y a pas besoin de gratter sous le vernis de l’officialité pour voir que les relations quotidiennes, celles des simples citoyens, restent chargées de ressentiments et d’incompréhension. C’est particulièrement le cas à Genève avec les attaques répétées du MCG contre les frontaliers.

Notons que les deux Ministères des affaires étrangères ont publié mardi une déclaration commune confirmant les avancées réalisées pour solder le contentieux de l’aéroport de Bâle-Mulhouse (LT du 11.04.2015).

Si la délégation française est hautement intéressée par le système suisse de formation professionnelle et la politique de la recherche, c’est surtout la Suisse qui est demandeuse de l’appui politique de la France. Berne a besoin du relais de Paris pour appuyer sa recherche d’une solution avec l’UE après les blocages provoqués par le vote contre la libre circulation.

La Genève internationale compte sur la France comme alliée dans le coûteux projet de rénovation du Palais des Nations comme dans le renforcement du siège genevois de l’ONU face à l’appétit de ses concurrents. La place financière espère, elle, bénéficier d’un accès facilité au grand marché des services européen.

Il y a décidément beaucoup de raisons pour qu’après l’épisode du refroidissement fiscal, Français et Suisses nourrissent de vrais projets communs.

L’atout des diasporas

Même à l’Elysée, le chiffre a surpris: avec plus de 150 000 résidents, la communauté française de Suisse est la plus importante au monde! Un chiffre nettement supérieur, par exemple, à celui de la Belgique (environ 130 000 résidents) ou du Royaume-Uni (125 000). Un record, surtout, qui vaut dans les deux sens: entre 170 000 et 180 000 Suisses vivent en France, soit plus d’un quart du total des Helvètes expatriés. Pas étonnant que le réseau franco-helvétique de TGV, opéré par la SNCF et les CFF, et baptisé Lyria depuis 2002, transporte près de cinq millions de passagers par an. Avec un trafic en augmentation constante.

Sans surprise, les régions frontalières et le pourtour méditerranéen sont particulièrement appréciés des Suisses retraités qui, dans certains départements comme le Vaucluse, constituent une bonne partie de la population permanente de bourgades rurales. En plus de ses résidents, la France dénombre, elle, 150 000 frontaliers, et arrive en tête pour le personnel des Nations unies à Genève. Selon Paris, près de 9000 Français travaillent dans les agences de l’ONU au bord du Léman.

Qu’en déduire? «D’abord une grande proximité culturelle, nourrie par l’histoire» explique-t-on à l’Elysée. Laquelle a souvent participé à l’Histoire avec un grand H. On pense, bien sûr, aux liens du protestantisme, tissés depuis le départ des huguenots français après la révocation de l’édit de Nantes, en 1685. Plus près de nous, les Suisses, souvent d’origine modeste, ont jusqu’à la Première Guerre mondiale formé la seconde communauté étrangère à Marseille, beaucoup travaillant dans les maisons de négoce ou dans la domesticité. Les nombreux «Hotel Suisse» toujours ouverts dans les grandes villes françaises sont l’une des vitrines de cette longue connivence.

Voisins, mais aussi clients

Trente milliards de francs: tel est le montant des investissements suisses en France, preuve que les entreprises helvétiques croient encore au marché hexagonal. Difficile, d’ailleurs, d’échapper aux chiffres des échanges commerciaux, qui avoisinent, eux aussi, un montant proche des 30 milliards de francs. 140 000 Français sont employés dans les entreprises helvétiques installées dans l’Hexagone, contre environ 45 000 Suisses dans les entreprises françaises.

Un tel volume d’affaires suppose bien sûr une fine connaissance mutuelle des pratiques, des règles et des besoins commerciaux des deux pays. «La Suisse est un marché que les Français connaissent, et vice versa», concédait, lors de sa récente visite à Paris, Johann Schneider-Ammann. Tout en rappelant ses souvenirs «mitigés» d’entrepreneur, dans une France administrative souvent perçue comme «compliquée»: «Il faudrait plus d’échanges de jeunes entrepreneurs franco-suisses, nous confiait mardi le président du patronat Français Pierre Gattaz. Ce qui manque entre nos deux pays, ce n’est pas l’appétit d’investir ou de commercer, c’est la pratique.» D’où la présence, aux côtés de François Hollande, d’une délégation de chefs d’entreprise, notamment dans le secteur numérique.

La sécurité commune

Depuis fin 2012, plusieurs villes françaises proches de Genève (Annemasse, Ambilly, Gaillard, Bonneville) ont été classées en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Les 80 ZSP françaises répondent à de graves problèmes locaux d’insécurité. Voir des communes haut-savoyardes côtoyer Marseille, Grenoble et les banlieues parisiennes peut surprendre. En 2012, alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, le chef du gouvernement français, précisait: «C’est la particularité de la zone transfrontalière qui, ici, a été prise en compte. La proximité de la Suisse engendre une économie souterraine et une criminalité internationale et itinérante.»

Une ZSP permet un renfort rapide des effectifs policiers et une meilleure coordination entre les services de police et de justice, les douanes et les gardes-frontière suisses. Les premiers résultats de la ZSP ont été qualifiés de bons, avec une baisse observée en 2014 de 14% des cambriolages et des vols à main armée. Par ailleurs, plusieurs bandes organisées ont été démantelées (stupéfiants, recels, mendicité, prostitution).

Depuis mars 2014, une brigade opérationnelle mixte (BOM) réunit des policiers haut- savoyards et genevois qui peuvent intervenir indifféremment sur les deux territoires. Pour rappel, en octobre 2007, une coopération transfrontalière en matière judiciaire, policière et douanière a été mise en place entre Paris et Berne qui permet aux policiers d’intervenir sur le territoire voisin en cas d’urgence. Dans le cadre de Schengen et la lutte contre le terrorisme, les deux pays coopèrent, échangent des informations par le biais du système d’échange de données SIS.

Le Grand Genève relancé

«Depuis le 9 février 2014 et la votation sur l’immigration de masse, le projet de Grand Genève marque le pas», a indiqué Jean-Jack Queyranne en visite à Genève lundi dernier. Des projets liés à la mobilité transfrontalière, à l’image du prolongement du tram vers Annemasse, Saint-Julien et Saint-Genis-Pouilly, butent sur des blocages financiers et politiques. Il existe toujours autant de pressions sur l’emploi à Genève et sur les terrains en France voisine. «Les campagnes anti-frontalières d’extrémistes blessent des travailleurs qui contribuent pourtant grandement à la bonne santé de l’économie genevoise», a par ailleurs rappelé Jean-Jack Queyranne. Qui a cependant pris note de signaux encourageants: les députés genevois ont adopté le 19 mars une motion visant à relancer le projet d’agglomération tandis que le Conseil d’Etat s’est engagé à présenter dans les six mois une feuille de route pour redynamiser le Grand Genève. Les engagements franco-suisses pour le CEVA sont maintenus avec une mise en service en 2019. Les travaux en France (2,5 km) vont officiellement débuter le 19 mai. «La Genève internationale fait face à une rude concurrence avec des villes émergentes comme Singapour ou Panama. Il faut un haut niveau de services qui déborde les frontières, comme la mobilité, pour maintenir un standing. C’est l’intérêt suisse, le nôtre aussi», estime le président de région.

Partenaires de recherche

Championne du monde de l’innovation, selon Global Innovation Index, la Suisse consacre à la recherche et au développement environ 3% du PIB, soit plus de 16 milliards de francs. Dont deux tiers sont le fait de l’économie privée. Ce qui constitue un modèle pratiquement opposé à la situation française. D’où l’intérêt du gouvernement de François Hollande pour la politique helvétique.

D’autant plus que cette année, la Suisse préside le programme européen Eureka (28 milliards d’euros investis de 1985 à 2010) qui soutient les projets de coopération internationaux de recherche et développement industriel. Des projets «bottom-up», de bas en haut, qui correspondent tout à fait à la pratique suisse.

La France est le deuxième partenaire de la Suisse avec une centaine de projets en commun. Les deux pays sont impliqués dans des grands programmes comme le CERN, dont ils partagent la présence sur leur territoire respectif, le Human Brain Project piloté par l’EPFL, la recherche spatiale ou le projet de réacteur expérimental de fusion nucléaire Iter.

La France est le troisième partenaire de la Suisse, derrière l’Allemagne et les Etats-Unis, pour les programmes généraux de recherche du Fonds national suisse pour la recherche scientifique. L’EPFL a ainsi noué un partenariat de formation et recherche avec l’Ecole normale supérieure (ENS) de Lyon afin de renforcer le pôle scientifique des régions Rhône-Alpes et Arc lémanique. Depuis 1995, le CNRS entretient avec la Suisse une coopération dynamique au niveau de l’Arc jurassien, dans le domaine des microtechniques.

Il reste que le vote du 9 février contre la libre circulation menace plusieurs projets communs, mais aussi la place de la Suisse dans le programme européen Horizon 2020. D’où l’intérêt de la Suisse de consolider ses liens avec la France.

Idylle dans les universités

Il y a au moins 4000 jeunes Français dans les hautes écoles helvétiques. Leur part n’a cessé d’augmenter ces dernières années, pour différentes raisons, notamment la perte d’attractivité de certaines écoles françaises, et à l’inverse, la cote plutôt montante des institutions suisses. Selon les catégories françaises, depuis les années 1990, l’EPFL a rang de grande école, ce qui la valorise aux yeux des étudiants voisins. Ainsi, 30% de ses effectifs de première année du bachelor sont français. Ils sont aussi nombreux à l’Université de Genève, entre autres. Même s’ils ne sont pas aussi présents que les Allemands en Suisse alémanique, les Français viennent également dans l’enseignement: au total, l’ambassade dénombre 545 enseignants français dans les universités et 479 dans les hautes écoles spécialisées.

Cette idylle franco-suisse dans les hautes écoles trouve toutefois ses limites. A l’EPFL, on juge délicat, sur le plan politique, de voir encore baisser la part des étudiants suisses, qui ne sont plus qu’une petite majorité. L’école n’a donc cessé de revoir ses exigences à la hausse: de 12 il y a quelques années, la note exigée au bac est passée à 16 (mention très bien) à la dernière rentrée. Et maintenant, des universités serrent aussi la vis. Celles de Fribourg, Lausanne, Berne, Saint-Gall, Zurich et de la Suisse italienne refusent les bacs économique et social ainsi que littéraire si l’élève n’a pas pris la matière des mathématiques.

Culture et influence

François Hollande en parlera sûrement. Comment l’éviter d’ailleurs? Après les cyberattaques dont elle a été victime, la chaîne francophone TV5 dont la RTS détient 11% (contre 49% pour France Télévision) est redevenue emblématique. Son directeur de l’information, le Suisse André Crettenand, illustre d’ailleurs ce partenariat dont beaucoup regrettent qu’il ait été mis en sourdine par Paris après la création de la chaîne d’informations permanente France 24. «TV5 illustre parfaitement ce que l’alliance culturelle francophone peut offrir de meilleur, explique Dominique Wolton, directeur de la revue Hermès sur la communication, au CNRS français. Or la Suisse, grâce à son réseau diplomatique et à son excellente image internationale, est l’un des partenaires les mieux équipés dans ce domaine.»

Les fins connaisseurs des soutes de la francophonie regrettent dans ce contexte que Paris n’ait pas encouragé la Suisse à présenter un candidat à la présidence de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) dont la canadienne Michaelle Jean vient de prendre la tête. A Paris, au siège de l’OIF, les noms de Pascal Couchepin ou Micheline Calmy-Rey ont un temps circulé. Mais ils se sont heurtés au tir de barrage de la Françafrique. «La francophonie n’aura un avenir que si on la sort des combines politiques, poursuit Dominique Wolton. La Suisse doit peser dans ce sens auprès de Paris.»

Dessein européen

Sur le papier, cela paraît absurde: pourquoi Paris devrait aider Berne à trouver des solutions à l’impasse de la libre circulation des personnes, alors que Bruxelles n’entend rien céder et que toute entorse helvétique à ce sacro-saint principe communautaire ouvrirait aussitôt des brèches dans lesquelles le Royaume-Uni, et tous les mouvements souverainistes ne manqueraient pas de s’engouffrer, fragilisant l’UE? Réponse d’un diplomate français de haut niveau: «Personne ne gagnera à ce que la fêlure entraînée par la votation du 9 février devienne une fracture ouverte.» Ce qui a conduit le Département fédéral des affaires étrangères à dépêcher début avril à Paris un de ses négociateurs, pour rencontrer l’un des «sherpas» Europe de l’Elysée, Philippe Léglise-Costa.

Deux éléments plaident, en plus, en faveur de concertations franco-suisses sur ce sujet plus qu’épineux: l’inquiétude croissante des frontaliers et des entreprises françaises habituées à travailler en Suisse, demandeurs de visibilité et inquiets d’être encore plus pris pour cibles si l’UE hausse le ton, et la bonne entente entre François Hollande et les deux acteurs clés du dossier, Simonetta Sommaruga et Didier Burkhalter.

Un des moyens de trouver une solution, explique-t-on côté français, pourrait être de bien différencier le traitement des ressortissants communautaires de celui des autres pays, notamment des Balkans. La «paix fiscale» franco-suisse, maintenant que Berne s’est rallié à l’échange automatique d’informations version OCDE pour 2018, rouvre aussi des pistes de coopération: «Les Français sont souvent très bons, dans le labyrinthe communautaire, pour dénouer les blocages, explique au Temps l’ancien député européen luxembourgeois Robert Goebbels, bon connaisseur des dossiers Suisse-UE. Jusque-là, tout le monde a un peu laissé les Suisses s’enliser. Mais il serait temps de les repêcher.» A François Hollande de tendre la perche?

Le marché de l’électricité

Engagée dans une course contre la montre pour une solution transitoire sur la question du marché européen de l’électricité, Doris Leuthard mise évidemment beaucoup sur la compréhension de vos voisins, en particulier ­français.

La Suisse espère en effet participer au marché de l’électricité d’ici à fin 2016, malgré les blocages dus à l’incertitude sur le sort de la libre circulation des personnes et à un éventuel accord institutionnel sur les relations bilatérales avec l’UE. En janvier, le commissaire européen Miguel Arias Cañete avait ouvert une fenêtre étroite pour que la Suisse puisse participer, sous des conditions très exigeantes, au marché européen. Notamment une solution sur la question des aides étatiques et de la juridiction de surveillance des entreprises électriques.

Château d’eau de l’Europe, la Suisse va essayer de faire valoir auprès des Français, grands pourvoyeurs d’électricité d’origine nucléaire, son rôle comme réserve importante d’énergie en cas de coups durs ou de consommation élevée aux heures de pointe. Une énergie plus chère qui pourrait être compétitive à des heures de grande consommation sur un marché où les prix sont très bas et inquiètent les entreprises suisses.

Par ailleurs, Doris Leuthard devrait aussi faire valoir auprès de son homologue Ségolène Royal le rôle vital de transit du courant à travers les Alpes que peut jouer la Suisse.

Au fil du Rhône

La donnée de base est simple: la France et la Suisse ont un lac et un fleuve en partage. Impossible, dès lors, de ne pas coopérer tant les eaux du Léman, et celles du Rhône, représentent un patrimoine écologique et économique commun.

Le problème est que la gestion de ce bien commun suppose de surmonter deux défis. Le premier, géographique, est de trouver un point d’entente, comme pour tous les fleuves, entre les besoins de l’amont (en Suisse) et ceux de l’aval, en France. Elu Valaisan, le président du Conseil national Stéphane Rossini, en visite à Paris la semaine dernière, a ainsi souri lorsque des parlementaires français ont comparé le cas du Rhône à celui du Mékong, qui voit plusieurs pays d’Asie du Sud scruter avec inquiétude les barrages chinois. Mais tout n’est pas faux dans la comparaison, à l’heure où l’eau et l’énergie sont appelées à devenir les denrées les plus précieuses.

Le second défi en découle: plus d’une dizaine de centrales nucléaires françaises sont situées le long du Rhône et utilisent ses eaux pour l’indispensable refroidissement de leurs réacteurs. Or en 2011, la sécheresse dans le canton de Genève a provoqué une prise de conscience en aval. Quid de cette manne fluviale si les eaux baissent drastiquement demain, alors que contrairement à la Suisse, la France n’entend pas abandonner l’atome? «Si l’on ne veut pas de bataille navale sur le lac Léman, il faudra bien s’entendre. Mais notre marine se tient prête à intervenir», aurait plaisanté, lors de la visite parlementaire Suisse, le président socialiste de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Publicité