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L’aéroport de Genève voit-il trop grand?

L’étude sur le développement de Cointrin, qui prévoit un bond de 25 millions de passagers en 2030 contre 15 millions en 2014, est contestée par d’autres spécialistes

Un aéroport qui aura toujours plus de passagers. Parce que la population va encore croître, tout comme le produit intérieur brut. C’est en tout cas les conclusions d’un rapport sur le développement de l’Aéroport international de Genève. Or, Le Matin Dimanche explique que ce rapport, réalisé par le bureau allemand Intraplan, est contesté.

Sollicités par la présidente des Verts genevois Lisa Mazzone, d’autres experts ont évalué la fiabilité scientifique des prévisions d’Intraplan. 25 millions de passagers en 2030 contre 15 millions en 2014? Ils n’y croient pas. Car le scénario prévoit un développement similaire à celui de ces dernières années. Comme s’il n’y avait pas d’autres options que la croissance, selon le journal dominical. Or, Jérôme Strobel, physicien, rappelle qu’il existe des centaines de scénarios de croissance. L’association Noé21 estime qu’il faut également prendre en compte «l’effet de saturation de la demande en trafic passagers».

Enfin, les projections de croissance du PIB sont à interpréter avec beaucoup de précaution, surtout depuis l’abandon du taux plancher. La contre-expertise évoquée par le journal place la barre à 17,5 millions de passagers en 2030.

Le rapport d’Intraplan est pourtant très important, estime Le Matin Dimanche. Fin 2016, l’Office fédéral de l’aviation civile présentera son projet de développement des infrastructures aéroportuaires de la Suisse pour les vingt prochaines années. Tiendra-t-il compte uniquement des prévisions optimistes du bureau allemand?

En mars dernier, lors du bilan de l’exercice 2014, l’Aéroport international de Genève pouvait se réjouir d’une croissance soutenue. Mais il notait déjà un ralentissement début 2015 du fret. «C’est une baisse préoccupante, qui peut être annonciatrice d’un ralentissement économique», disait alors Robert Deillon, directeur de Cointrin. La raison de cette contre-performance: le franc fort, qui pourrait aussi avoir des répercussions sur le comportement des passagers, sachant qu’un tiers de la clientèle d’EasyJet, leader de la plateforme, provient de France voisine, écrivait «Le Temps».

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