Transports

Bientôt moins de TGV entre Paris et Genève

Une diminution sans précédent des dessertes est prévue pour la fin de l'année. Les défenseurs du rail dénoncent des choix néfastes

A compter du 13 décembre 2015, la société Lyria, la filiale de la SNCF qui gère les dessertes TGV Paris-Genève, va réduire la voilure. Un aller-retour sera supprimé le dimanche. Au départ de Genève, le TGV de 17h42 n'existera plus. Les retours de week-end seront donc réduits à trois départs en fin d'après-midi et soirée (16h30, 18h30 et 19h42).

Au départ de Paris, c'est le train de 11h11 qui ne partira plus. Il n'y aura ainsi plus aucun TGV pour Genève entre 8h11 et 12h11.

Lancé fin août 2014, le TGV quittant la capitale française à 6h11 pour arriver à Cornavin à 9h27 du lundi au vendredi disparaît aussi. Les voyageurs perdent donc la possibilité de se rendre à Genève avant 10h.

Par ailleurs, le train quittant Paris à 9h11 du lundi au vendredi ne s'arrêtera plus à Bellegarde à 11h48. Les passagers seront privés de leurs correspondances avec les trains régionaux en destination par exemple d'Evian ou de Saint-Gervais.

«La nouvelle gare de Bellegarde financée par les collectivités locales dans le cadre de la réouverture en 2011 de la ligne du Haut-Bugey aux TGV se voit attaquée par Lyria dans ses fonctions essentielles de lien entre les TGV et les trains régionaux. Des périodes de 5 heures sans desserte vont être créées. Les gens vont reprendre leur voiture» regrette Claude Brasier, président de l'ARDSL (association Rail Dauphiné Savoie Léman). Cette association, qui promeut le rail, estime que Lyria sacrifie dans ce dernier cas la Haute-Savoie et l'Ain au profit de Genève. «Le passage de ce TGV sans arrêt à Bellegarde permet en réalité à Lyria de retarder le départ de Paris et ainsi d'afficher symboliquement Genève à 2h58 de Paris et de continuer à prendre des parts de marché à l'avion» argumente Claude Brasier.

Pas d'arrêt à Bellegarde

Dans un entretien accordé au Temps Andreas Bergmann, le directeur général de Lyria, reconnaît que l'arrêt à Bellegarde ne s'effectuera plus. «Nous sommes en concurrence avec l'aviation, il s'agit donc de rendre plus attractif le TGV pour les businessmen en passant en dessous la barre symbolique des trois heures de voyage» argue-t-il. Pour le reste, Lyria confirme la réduction des dessertes mais estime que l'usager s'y retrouvera. «Pour le dimanche, on va augmenter le nombre de places dans le tain précédent et le suivant. S'agissant du 6h11 de la semaine, c'était un test d'une année qui n'a pas été concluant, le verdict est venu de notre clientèle qui l'a peu utilisé. Mais avec une douzaine de mouvements par jour, nous restons le transport le plus prégnant entre Genève et Paris» indique Andreas Bergmann.

L'ARDSL juge que Lyria fait face à une montée en charge décevante de ses lignes à cause d'une pratique tarifaire agressive (jusqu'à 180 francs l'aller) ou copiée sur l'aviation (des prix de vente qui changent sans arrêt) et une qualité de service médiocre avec beaucoup trop de retards. «Le train va vite entre Paris et Bourg-en-Bresse et se traîne ensuite» constate le responsable.

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