Sondage

L’initiative «Economie verte» a le vent en poupe

L’initiative des Verts et la loi sur le renseignement réussissent un bon début de parcours électoral. La situation de l’initiative AVS + est plus difficile

L’initiative «Pour une économie verte» et la loi sur le renseignement ont de bonnes chances d’être acceptées le 25 septembre, selon le premier sondage réalisé par l’institut gfs.bern pour le compte de la SSR. Mais attention: en règle générale, une initiative populaire réalise son meilleur score à la première enquête d’opinion et le non risque de se renforcer par la suite. En revanche, la loi sur le renseignement semble sur de bons rails: l’institut gfs.bern qualifie la décision de «positivement prédéterminée» pour un état de formation de l’opinion «moyennement à fortement marqué».

Selon la prise de température effectuée entre le 2 et le 12 août auprès de 1200 personnes (avec une marge d’erreur de 2,9%), l’initiative «Pour une économie verte» recueille 61% d’avis favorables contre 24% d’opinions négatives et une part d’indécis de 15%. Le oui domine en Suisse alémanique (63% contre 24%) comme en Suisse romande (53% contre 24%) alors qu’il est plus faible en Suisse italienne (46% contre 32%).

Un point sensible

Chez les Verts et au PS, le oui caracole en tête avec, respectivement, 90% et 76%. Plus surprenant, il est aussi majoritaire dans les formations de droite: 55% de oui contre 31% de non au PDC, 54% de oui contre 30% de non au PLR et 47% contre 43% à l’UDC! Visiblement, l’initiative touche un point sensible. La crainte d’une diminution des ressources pour les générations futures semble peser lourd dans la balance, tout comme le souci que la Suisse conserve une position de tête dans la protection de l’environnement. La volonté d'«endiguer la logique du tout-jetable» est un autre argument favorable au texte des Verts.

Toutefois, relativisent les auteurs de l’étude, le sondage a été effectué alors que la campagne pour le non venait à peine de débuter. De sorte que, si l’initiative a le potentiel de recueillir une majorité le 25 septembre, la victoire «reste incertaine». Les arguments des adversaires peuvent encore déployer leurs effets. Parmi ceux-ci figurent la mise sous tutelle des consommateurs et la crainte d’une réglementation néfaste à l’économie. En revanche, la peur de coûts insupportables pour les entreprises ne paraît guère partagée par l’électorat.

Renseignement: tensions au PS

Prise en tenailles entre la nécessité de combattre la lutte contre le terrorisme et la menace d’atteintes à la sphère privée, la loi sur le renseignement (LRens) recueille une majorité d’avis favorables. 58% des personnes sondées se disent prêtes à glisser un oui dans les urnes, le non ne dépassant pas 35% pour 7% d’indécis. Principaux arguments en sa faveur: les possibilités de détection préventive d’actes criminels ou terroristes par la surveillance des réseaux numériques. Une majorité considère que «les contrôles sont suffisamment rigoureux pour éviter les abus».

Le oui est en tête en Suisse alémanique (59% contre 36%) comme en Suisse romande (60% contre 26%) alors que les indécis (31%) sont encore nombreux outre-Gothard (25% de oui contre 44%). Les électorats du PLR, du PDC et de l’UDC sont clairement favorables à la loi, dans des proportions de 56% à 68%. Le oui plafonne à 35% chez les Verts (contre 59% de non). L’assemblée des délégués du PS a émis une consigne de vote négative. Toutefois, le sondage annonce une majorité favorable de 61% alors que le non ne dépasse pas 29%.

L’initiative populaire AVS + lancée par les syndicats se trouve dans une position moins prometteuse: elle recueille 49% d’opinions favorables contre 43% d’avis négatifs. Le soutien est très large chez les Verts (70%) et au PS (63%). Il est plus modéré au PDC (54%) alors qu’il n’est pas majoritaire au PLR (31% ni à l’UDC (44%). La tentation de voter oui est plus élevée en Suisse romande (51% contre 33% de non) qu’outre-Sarine (49% contre 45%) et au Tessin (31% contre 46%). Les retraités se prononcent majoritairement pour l’initiative, contrairement aux actifs de moins de 40 ans. L’argument principal des opposants est la volonté de procéder à une réforme globale de la prévoyance vieillesse. L’institut gfs.bern pense que le taux de rejet augmentera encore d’ici au 25 septembre.

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