Justice

Le spécialiste des bureaux de change condamné à 7 ans de prison à Genève

Le Tribunal criminel a retenu l’aggravante de l’arme et la prise d’otage. Le trentenaire haut-savoyard avait passé dix années dans les geôles de l’Hexagone. Il avait traversé la frontière pour récidiver lors de sa libération conditionnelle

Les efforts de Me Boris Lachat n’auront pas suffi à convaincre les juges du profil plutôt inoffensif de Karim*. Pour avoir attaqué trois fois des bureaux de change avec une arme rouillée et avoir empoigné une cliente afin de se faire ouvrir le coffre, le Haut-Savoyard a été reconnu coupable de brigandages aggravés et de prise d’otage. Le Tribunal criminel de Genève lui a infligé une peine privative de liberté de 7 ans. C’est encore bien en deçà des 12 ans requis par la procureure Laurence Piquerez.

Trois expéditions

Jugé depuis lundi, le trentenaire, déjà dix années de prison à son actif en France, avait récidivé lors de sa libération conditionnelle. Sans emploi et sans domicile fixe, il n’avait trouvé d’autre solution que de s’attaquer à des officines pleines de billets. En trois expéditions, menées en été 2015, son butin s’est monté à environ 16 000 francs. Il préparait une quatrième attaque lorsqu’il s’est fait prendre sur le chemin avec un ticket de bus non valable.

Karim a tout avoué et tout regretté. Il a aussi juré n’avoir jamais envisagé de tirer avec le pistolet volé à un dealer. Aux yeux du Tribunal, et malgré le peu de professionnalisme de l’intéressé, l’aggravante de l’arme est réalisée car il en a concrètement fait usage en menaçant les employés. De même, les juges ont retenu la prise d’otage même si la cliente terrorisée n’a été empoignée que pour une très courte durée. Il s’est rendu maître de la victime et l’a privée de sa liberté pour se faire remettre de l’argent, souligne la décision.

Actes inexcusables

Pour fixer la peine, le tribunal a estimé que Karim avait certes peu planifié ses actions mais avait fait preuve d’une intensité délictuelle importante en agissant à trois reprises sur une période assez courte et en s’en prenant à deux fois au même bureau de change. «Il a agi avec détermination, froideur et calme.» Sa collaboration est qualifiée de bonne même s’il n’a jamais donné d’explication crédible sur l’utilisation du butin. Enfin, sa situation personnelle certes difficile «permet d’expliquer mais n’excuse en rien ses agissements».

L’intéressé a également été reconnu coupable d’injures pour avoir laissé éclater sa colère verbale sur un gardien de Champ-Dollon. Aucune indemnité ne sera toutefois versée au surveillant, seul plaignant de cette procédure, car ce dernier n’a pas attesté du tort moral subi.

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*Prénom fictif

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