Vaud

Une taxe pour inciter à la préférence nationale

Claude-Alain Voiblet et son nouveau parti se préparent à lancer une initiative vaudoise pour la préférence nationale. Les patrons devront s’acquitter d’une taxe s’ils embauchent des étrangers

Déçus de l’application de l’initiative contre l’immigration de masse de l’UDC Suisse, le nouveau Parti libéral-conservateur propose, dans le canton de Vaud, la mise en œuvre d’une préférence nationale au moyen d’une taxe. Pour rappel, le parti est une dissidence de l’UDC Vaud qui a vu le jour il y a cinq mois autour de Claude-Alain Voiblet. L’initiative cantonale «Les nôtres d’abord» pourrait être lancée dès la mi-février.

Le PLC sur les plates-bandes de l’UDC

Alors qu’au Tessin le peuple a accepté l’initiative UDC pour la préférence indigène, et qu’à Genève et Neuchâtel, les sections cantonales du parti en discutent, dans le canton de Vaud, c’est la fraction dissidente, le PLC, qui se lance en concurrent.

«Nous ne nous sommes pas coordonnés avec les Tessinois, mais nous avons eu quelques contacts et nos réflexions nous ont menées à lancer une initiative individuelle», explique Philipp Stauber, le président du PLC. «Nous souhaitons créer un impôt sur les places de travail. Il y aurait pour les employeurs un avantage pécuniaire à embaucher un indigène plutôt qu’un immigré pour des métiers à revenu modeste. Certes les milieux économiques ne voient pas cela d’un bon œil, mais nous nous occupons ici des perdants de la libre circulation. Nous pensons aux Suisses souhaitant travailler dans des branches comme l’hôtellerie, la construction ou le nettoyage, qui voient systématiquement des étrangers être embauchés à leur place», défend-il, appuyé de son secrétaire général Claude-Alain Voiblet. Le projet du PLC s’appliquerait aux bas et moyens salaires, jusque vers 82’000 francs annuels brut. Les cadres et les spécialistes ne seraient pas concernés.

Risque d’invalidation de l’initiative

L’UDC Vaud soutiendra-t-elle cette initiative? «Le PLC a été créé par des dissidents UDC dans l’optique de marcher sur nos plates-bandes. Ils divisent nos forces», regrette Kevin Grangier, le secrétaire général de l’UDC Vaud. Il redoute en particulier que la division des voix puisse nuire à l’élection de son candidat Jacques Nicolet au Conseil d’Etat. «De plus, l’introduction de nouveaux impôts est en opposition flagrante avec nos principes politiques à l’UDC». De son point de vue, il serait plus judicieux de défiscaliser les entreprises qui n’embauchent pas de frontaliers plutôt que de taxer celle qui le font.

Pour l’heure, le PLC n’a soumis son texte que de manière informelle à des juristes. Kevin Grangier est également sceptique quant à la légalité du projet. «Il s’agit d’un enjeu politique fédéral que le PLC tente de cantonaliser. L’initiative est en opposition flagrante avec l’accord sur la libre circulation des personnes, nous verrons si elle passe l’examen préliminaire du Conseil d’Etat. Mais il y a un risque d’invalidation qui nuit à notre cause».

12 000 signatures devront être récoltées

Dans le canton de Vaud, les conditions d’invalidation sont examinées avant le lancement du texte, contrairement au niveau fédéral ou dans d’autres cantons. 12 000 signatures devront être récoltées en quatre mois par ce parti qui ne compte actuellement que vingt-cinq membres.

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