Vaud

Après huit ans d'attente, l'offre parascolaire vaudoise sera-t-elle généralisée? 

Les députés vaudois discuteront mardi de la refonte de la loi sur l'accueil de jour des enfants, objet d'un consensus négocié durant huit ans

Les Vaudois pourront-ils enfin bénéficier de la «journée d'école en continue»? Huit ans après le plébiscite en votation d'une offre parascolaire obligatoire, la nouvelle loi sur l’accueil de jour des enfants est en passe d'être sous toit. Le Gand Conseil vaudois débattra mardi du texte qui prévoit l’obligation pour les communes d’offrir une prise en charge en dehors des heures scolaires, fruit d’un consensus âprement négocié.

Le changement ne sera toutefois pas immédiat, les municipalités récalcitrantes ayant jusqu’à 2020 pour s’équiper. Le coût global de la refonte est évalué à 670 millions de francs d'ici à 2022.

Aujourd’hui, l'accueil de jour des écoliers entre 4 et 15 ans atteint à peine 13% dans le canton de Vaud. «Un chiffre bien inférieur à Genève qui offre une couverture de plus de 65%, souligne la conseillère d’Etat socialiste Nuria Gorrite, chargée du Département des infrastructures et des ressources humaines. Nous visons un taux de 27% en 2022.»

Lire aussi: Parascolaire, encore un effort

Socle minimal

Jusqu’ici libres de s’organiser en fonction de leurs besoins, les communes devront désormais s’aligner sur un socle minimal afin de garantir une égalité de traitement aux habitants et de gommer les fortes disparités entre ville et campagne.

Le concept: adapter la «journée d’école en continue» selon l’âge. Entre 4 et 10 ans, les écoliers doivent pouvoir être encadrés du matin au soir. De 11 à 12 ans, uniquement durant la pause de midi et après les cours. Enfin, à partir de 13 ans et jusqu’à 15, seul le repas de midi doit être pris en charge. Un financement conjoint entre le canton, les communes, les employeurs, les parents et des partenaires privés devrait permettre d’assumer cette politique publique. L’Etat de Vaud s’engage notamment à verser l’équivalent de 17% de la masse salariale dévolue à l’accueil de jour d’ici à 2018 et 25% en 2023. Jusqu’ici, sa contribution se montait à environ 9%.

Mercredi après-midi

Si la loi a été votée à l’unanimité en commission, une pierre d’achoppement perdure: l’accueil le mercredi après-midi. La refonte de la loi le rend obligatoire jusqu’à 8 ans, la gauche plurielle et l’Association de parents d’élèves Vaud aimeraient l’étendre à 10 ans. «Deux tiers des communes le pratiquent déjà, puisque sur les 28 réseaux, seuls 9 n’offrent aucune place le mercredi après-midi pour l’accueil parascolaire des élèves en 5 et 6 P», assure Myriam Romano-Malagrifa, députée socialiste et municipale à Renens qui milite pour revoir l’âge maximum à la hausse. Elle craint de ne pas réussir à faire passer un amendement déposé en plénum allant dans ce sens, celui-ci n'ayant reçu que 6 voix sur 15 en commission.

A droite, certains comme le député PLR Alexandre Berthoud s’interrogent sur le coût de cette prise en charge et évoquent les nombreuses activités, sportives ou culturelles, existant ce jour-là. Les débats devraient se prolonger sur la prochaine session pour un vote final courant janvier.

Publicité