12 février

Géométrie variable dans le soutien vaudois à la RIE III

Pascal Broulis, chef du Département vaudois des finances, dit oui à la réforme fédérale. Les autres ministres se taisent, pour ne pas embarrasser le PSS 

Vaud brille par son absence dans la prise de position commune des cantons de Genève, Bâle-Ville et Zurich en faveur de la RIE III, la réforme de la fiscalité des entreprises sur laquelle les Suisses se votent le 12 février.

Emis lundi au nom des cantons riches qui financent la solidarité fédérale, ce mot d’ordre devrait en toute logique associer le canton de Vaud. Celui-ci fait toujours partie des cantons contributeurs de la péréquation financière (RPT), même s’il est vrai que depuis deux ans il finit par toucher plus d’argent qu’il n’en verse, grâce à ce qu’il perçoit pour compenser ses charges urbaines.

Incapacité de prendre position ?

Signée par les chefs de département de l’économie, cette prise de position correspond à une ancienne collaboration tripartite réactivée périodiquement en cas d’intérêt commun, explique au Temps Pascal Broulis, le chef du Département vaudois des finances. Les trois autres cantons riches (SZ, ZG et NW) sont également absents. Il ne faut donc y voir aucun lien avec l’incapacité du gouvernement vaudois de prendre clairement position sur le sujet, assure le politicien PLR.

Cette incapacité n’en est pas moins bien réelle. Alors que le canton a été le premier à trouver un modèle d’application de la RIE III, approuvée l’an dernier par près de neuf citoyens sur dix, le Conseil d’État n’a pas pris position en faveur de la RIE III fédérale. Alors même qu’il tend à multiplier les consignes de vote, pour autant qu’il soit unanime, sur les sujets de votation les plus divers.

C’est le souci de ne pas embarrasser le Parti socialiste suisse (PSS), lequel a fait du combat contre la RIE III la mère des batailles, qui empêche le Conseil d’Etat vaudois de se positionner officiellement. Son président socialiste Pierre-Yves Maillard s’en est expliqué ouvertement dans la presse.

Les membres du gouvernement devraient rester aux abonnés absents sur ce sujet durant toute la campagne. A l’exception de Pascal Broulis, auquel a été concédée la liberté de parole en tant que patron des finances. Ce dernier officiera prochainement comme hôte vaudois lors d’une conférence de presse qui réunira plusieurs ministres cantonaux romands, tous en leur qualité de président d’une conférence intercantonale.

Publicité