Davos

Casse-tête sécuritaire pour la venue du président chinois

Pendant quatre jours, polices cantonales et militaires auront à assurer les déplacements de Xi Jinping et de son importante délégation. Entre Davos, Berne, Zurich, Genève et Lausanne, la mission demeure complexe

En quatre jours que dure sa visite officielle en Suisse, le président chinois Xi Jinping – l’un des invités phare du Forum économique mondial (WEF) de Davos – foulera le sol de cinq cantons: Zurich, Berne, les Grisons, Vaud et Genève. Et autant dire que le nombre de ses déplacements ne facilite pas la tâche de ceux qui doivent assurer la sécurité du chef du parti communiste sur sol helvétique.

De surcroît, les exigences sécuritaires de Pékin (élevées, dit-on poliment) ainsi que le nombre de personnages importants – ministres et patrons d’entreprises – que dénombre la délégation semblent complexifier le travail des polices cantonales et militaires. Un dernier élément, moins prévisible, concourt à exercer une pression supplémentaire sur les forces de l’ordre: les éventuelles manifestations de protestation contre le régime qui pourraient éclore sur le parcours du dirigeant.

Selon nos informations, Xi Jinping devrait atterrir ce dimanche à l’aéroport de Zurich et non pas de Genève comme certains l’avaient supputé. Les nuisances liées à une sécurisation du passage du tarmac de l’Aéroport international de Genève vers la gare souterraine de l’infrastructure pourraient expliquer la préférence zurichoise. Le président rejoindra ensuite la capitale fédérale pour prendre part aux discours officiels aux côtés de la présidente de la Confédération Doris Leuthard. Se dirige-t-on vers un nouvel incident diplomatique comme l’avait connue la Suisse en 1999 où les manifestations pro-tibétaines avaient suscité l’ire de Jiang Zemin? Vraisemblablement pas.

Même si la communauté tibétaine de Suisse et du Lichtenstein a d’ores et déjà annoncé la tenue d’une manifestation sur la Waisenhausplatz entre 10h00 et 12h00 devant rassembler plus de 500 personnes selon les organisateurs, la probabilité que des opposants puissent interpeller directement le dirigeant demeure faible au vu de l’ampleur du périmètre sécurisé délimité autour du Palais fédéral.

Rencontre prévue avec les autorités genevoises

Depuis Berne, le leader de l’Empire du Milieu rejoindra mardi le Forum économique mondial de Davos où il y prononcera le discours d’ouverture, une première. Prendra-t-il un hélicoptère pour s’y rendre? Certains en doutent, alléguant que Xi Jinping vouerait une certaine aversion pour ce mode de transport, de quoi alourdir la charge de travail sécuritaire. En l’état, cette information ne peut être vérifiée. Reste que la possibilité de rejoindre Davos par la route via l’aéroport civil de Samedan, proche de Saint-Moritz, demeure possible. Contactées, les autorités militaires n’ont pas souhaité commenter cette alternative. Mais une chose est sûre, Davos revêtira, comme à l’accoutumée, des allures de bunker. Jusqu’à 5000 militaires pourront être mobilisés.

Le soir même, c’est à Lausanne que le dirigeant doit dormir avant de visiter le CIO mercredi matin. Dans l’après-midi, il se dirigera vers Genève où une rencontre d’une demi-heure est prévue entre Xi Jinping et les autorités genevoises, avant de visiter successivement le siège de l’organisation mondiale de la santé, puis l’ONU où il pourrait y tenir un discours. Il devrait quitter le territoire suisse dans la soirée.

Dispositif tenu secret

A Genève comme dans le canton de Vaud, le dispositif sécuritaire est tenu secret. Mais il «n’a rien d’extraordinaire», assure l’un des porte-parole de la police genevoise tandis qu’à Lausanne, il est qualifié de «conséquent». «Les mesures que nous allons prendre sont dictées par les menaces qui pourraient peser sur un individu et de l’importance de celui-ci», précise Jean-Christophe Sauterel rappelant que le président chinois a emporté plusieurs ministres dans ses bagages. Le porte-parole de la police vaudoise indique qu’il n’a pas connaissance, pour l’heure, de la tenue d’éventuelles manifestations. A Genève, le département de la Sécurité indique avoir reçu de telles demandes, «actuellement en cours d’examen», sans en préciser le nombre.

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