Neuchâtel

Dépourvus de chances d’élection, les challengers au Conseil d’Etat s’observent

Prônant la continuité et le bon travail effectué, les cinq membres du Conseil d'Etat neuchâtelois sont tous candidats à un deuxième mandat, lors des élections du 5 et du 23 avril prochains. Leurs contradicteurs risquent de ne pas faire le poids

Les uns seront franchement frondeurs, d’autres feront office de locomotives pour l’élection parallèle du Grand Conseil (peut-être plus importante que celle du Conseil d’Etat), mais ces challengers paraissent peu armés pour faire vaciller les sortants. Le 2 avril pour le premier tour et le 23 pour le second, les Neuchâtelois réélisent leurs autorités. Composé de cinq ministres entrés en fonction entre fin 2012 et fin 2014, le Conseil d’Etat devrait être reconduit in corpore. C’est collégialement qu’il a annoncé son intention de poursuivre son travail de redressement.

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La réélection, probable, ne sera pourtant pas tacite. Entre six et dix autres prétendants entreront dans l’arène. Sans véritable perspective de bouleverser «l’ordre établi», sauf à élaborer d’improbables scénarios voyant le ministre de la Santé Laurent Kurth s’effondrer après le vote du 12 février sur la réorganisation hospitalière, sa collègue socialiste Monika Maire-Hefti être victime des coups de crayon des enseignants ou le PLR Alain Ribaux être sanctionné pour certaines de ses attitudes dilettantes.

Les frondeurs

Bien implanté dans les Montagnes, le POP se profile comme le frondeur de gauche, ne pouvant cautionner la politique qu’il n’hésite pas à qualifier de néolibérale de la majorité socialiste du Conseil d’Etat. Il ne veut plus de l’apparentement pourtant à succès de tous les partis de gauche, quitte à encore affaiblir la gauche déjà minoritaire au Grand Conseil. La désunion est probable, mais pas encore définitive, les discussions pour ramener le POP à la raison se poursuivent.

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Le POP a désigné son candidat au gouvernement, le fondateur de Médecins du monde Suisse Nago Humbert, 66 ans, déjà en lice en 2013 où il avait obtenu un bon score avec 31% des suffrages. Un homme apprécié, mais éloigné de la politique neuchâteloise en dehors des élections.

A l’autre extrémité de l’échiquier, bien qu’en perpétuelle turbulence interne (ses deux têtes de pont au Grand Conseil, Walter Willener et Pierre Hainard devraient se retirer), l’UDC annonce avoir quatre candidats à la candidature. L’assemblée du parti à fin janvier devrait retenir le ticket composé de l’ancien président du parti Stefan Moser et de l’actuel jeune président du Grand Conseil Xavier Challandes, 25 ans. Trop peu connus ou appréciés, Jean-Pierre Pieren et Olga Barben devraient rester en rade.

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Le président de l’UDC Yvan Perrin estime qu’il y aura un «brassage de cartes» parmi les candidats au Conseil d’Etat. Si l’un de ses deux poulains devait flirter avec les 30% au premier tour et se hisser parmi les sept premiers, il serait réaligné au second tour, où tout peut arriver. L’UDC fera cavalier seul, aucune entente n’est possible avec les autres partis de droite.

Des partis qui s’observent

Les deux partis gouvernementaux ont clarifié leur position. Le PLR a décidé d’adjoindre une troisième candidate aux deux ministres sortants Laurent Favre et Alain Ribaux: Isabelle Weber, juriste et élue locale à Cornaux. Trop peu connue, elle ne devrait pas faire d’ombre à ses colistiers.

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Ce samedi à Couvet, le Parti socialiste investira par acclamations ses ministres sortants Monika Maire-Hefti, Laurent Kurth et Jean-Nath Karakash, bloquant sa liste à trois, personne – même pas les adversaires chaux-de-fonniers du plan hospitalier de Laurent Kurth – ne s’étant annoncé pour titiller le trio ministériel.

Fidèle à son habitude, le PDC qui pèse peu (1% en 2013) sera dans la course, avec le même candidat qu’en 2013, Vincent Martinez.

Les Verts et les Vert’libéraux s’observent, à distance. Les Verts, divisés sur le dossier hospitalier et l’opportunité de s’allier avec le POP ou les socialistes, ont décidé de maintenir secret le nom de leur candidat au Conseil d’Etat jusqu’au 18 janvier. Le prétendant devrait être le député Fabien Fivaz.

Quant aux Vert’libéraux, ils pourraient lancer leur président Mauro Moruzzi. Mais rien n’est décidé. Ils mènent une réflexion fondamentale, d’autant plus que leur candidat pourrait être celui qui a une petite chance de bousculer le quintet sortant. Or le PVL s’est profilé comme un parti qui soutient les consensus élaborés dans la douleur par les deux grands partis PLR et PS. Pas sûr qu’un candidat venant bousculer l’actuelle composition gouvernementale soit en adéquation avec la philosophie du parti. Ou alors pour assumer, jusqu’au bout, le rôle de passeur entre gauche et droite modérées. Les Vert’libéraux aviseront dans la quinzaine.

D’autres candidatures, encore plus marginales, de SolidaritéS ou du parti du vote blanc, pourraient être en lice aussi.

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