Visite d’Etat

Doris Leuthard parle droits de l’homme avec Xi Jinping

La Suisse et la Chine ont signé dix nouveaux accords de coopération. La présidente de la Confédération a commencé la discussion avec la question du respect des droits humains

La question des droits de l’homme a été le premier sujet de discussion abordé entre la présidente Doris Leuthard et son homologue chinois Xi Jinping en visite d’Etat à Berne. «L’échange a duré plus d’un quart sur une bonne heure de discussion, indique une source du côté suisse. Mais aucun cas spécifique n’a été évoqué.»

La Suisse a notamment mis en avant le respect des minorités, la situation des prisons, la liberté de l’information et soutenu la possibilité pour le Haut-commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, de se rendre en Chine.

Une immolation évitée à Berne

«Les Chinois savent que nous ne sommes pas tout à fait d’accord. C’est sûr qu’il y a des différences de point de vue», a indiqué à ce propos Doris Leuthard lors d’une conférence de presse. Le président chinois a pour sa part refusé de se plier à l’exercice. «La Chine a rappelé que pour elle le développement social et économique était primordial. Elle a réussi à sortir de la pauvreté des centaines de millions de personnes», a encore commenté la présidente de la Confédération.

Après l’arrestation durant quelques heures, dimanche après-midi, d’une dizaine de manifestants tibétains par la police bernoise, Doris Leuthard a expliqué que la Suisse avait le devoir d’assurer la sécurité lors de telles visites. Une première manifestation, organisée dans la matinée au centre de Berne s’était déroulée dans le calme hormis une tentative d’immolation par le feu aussitôt déjouée par l’intervention de la police. «Les organisations tibétaines nous en sont reconnaissantes, indique-t-on à Berne. Elles savent que cela aurait été négatif pour leur image.» Les manifestations de l’après-midi n’étaient, elles, pas autorisées et auraient été surtout le fait de Tibétains ne résidant pas en Suisse.

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Dix accords signés

La Suisse et la Chine ont signé une dizaine d’accord ou de déclarations d’intention dans les domaines de l’économie, de l’énergie, mais aussi des sports, de la culture et des sciences. Doris Leuthard s’est félicitée du «rôle pionnier» de la Suisse. Xi Jinping a pour sa part évoqué un partenariat «modèle» entre «deux pays de taille différente avec des structures de société différentes».

Voir notre chronologie, Chine-Suisse, 70 ans d’une amitié politique

Un protocole d’entente a notamment été signé pour «renforcer l’accord de libre-échange». A propos de cet accord avec la Chine, unique en Europe, Johann Schneider-Ammann explique être «heureux d’avoir cet avantage». Il note qu’il semble que les discussions sur ce terrain n’avancent pas entre Pékin et les autres capitales européennes. Le ministre de l’économie qualifie par ailleurs l’atmosphère des discussions d'«excellente et pas trop formelle»: «C’est amical».

Vaud et Genève se profilent

Côté romand, le Canton de Vaud et la Province du Jiangsu ont signé un accord de jumelage. Les universités de Genève et de Tsinghua (Pékin) ont de leur côté signé un accord pour des «programmes éducatifs novateurs pour les objectifs de développement durable des Nations unies» en coopération avec les organisations internationales basées à Genève.

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«Je ne suis pas étonné du nombre de nouveaux accords signés, réagit Gérald Béroud, créateur du site d’information sur la Chine Sinoptic. Il y a une énorme demande de la part des Chinois, dans tous les domaines. Mais la Suisse est limitée par sa taille.» Le nombre de délégations chinoises en visite en Suisse a plutôt tendance à se réduire, note l’un des meilleurs connaisseurs de la Chine en Suisse. «Mais leur niveau s’est élevé et leur intérêt plus grand. C’est beaucoup plus profilé.»

Lire le texte de Xi Jinping: Le message du président chinois à la Suisse

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