Dimanche dernier à Neuchâtel, près de 5000 électeurs ont choisi de voter par internet sur les près de 32’000 qui en avaient la possibilité. Il s’agissait d’un test, parfaitement réussi à en croire les autorités cantonales. Dans le canton de Vaud par contre, le vote électronique est loin d’être une réalité. Aucun projet n’est encore mûr pour le renouvellement des autorités vaudoises, le 30 avril prochain.

C’est pour gommer ces disparités cantonales que le Conseil fédéral a décidé mercredi de remettre l’ouvrage sur le métier et de définir les prochaines étapes en vue de l’introduction généralisée du vote électronique en Suisse. Chargée de coordonner les travaux, la Chancellerie fédérale compte amener deux tiers des cantons à s’y mettre d’ici à 2019. A terme, le vote électronique doit constituer une forme de vote à part entière, au même titre que le vote dans l’urne et le vote par correspondance. Et le Conseil fédéral entend poser les jalons pour introduire la numérisation complète du processus de vote.

Vaud en 2018

Depuis 2004, 14 cantons ont mené plus de 200 essais. En Suisse romande, Genève, Neuchâtel et Fribourg sont en avance sur Vaud, le Jura et le Valais. Corinne Martin, cheffe du Service des communes et du logement, admet que le canton de Vaud est plutôt sur la réserve dans ce domaine. Le Conseil d’Etat a choisi de ne mettre en oeuvre le vote électronique que lorsque la vérifiabilité complète sera assurée. La sécurité l’a donc toujours emporté sur l’intérêt à offrir cette alternative au papier. La responsable de ce dossier a cependant une bonne nouvelle à annoncer: «nous avons établi un calendrier. Un premier test est prévu pour les Suisses de l’étranger en juin 2018. Sur la base du rapport qui sera établi, le Grand Conseil décidera de la suite à donner», explique Corinne Martin.

Pour cette première phase, le canton de Vaud a choisi d’appliquer le système développé par les Genevois, pionniers en la matière. Depuis, La Poste s’est également lancée dans ce créneau, avec une offre qui a déjà séduit les cantons de Fribourg, Neuchâtel et Bâle-Ville. Entre les deux fournisseurs, la concurrence est acharnée pour convaincre de nouveaux partenaires.

Mercredi à Berne, le chancelier de la Confédération, Walter Thurnherr a salué la présence de deux acteurs sur ce marché, ce qui permet de faire baisser les prix et évite la dépendance à un seul fournisseur. Mais la sécurité prime: les deux systèmes feront l’objet d’un test public d’intrusion. Le Conseil fédéral exige également la publication de leur code source, afin d’améliorer la transparence sur la conception du système.