Les Vert·e·s veulent devenir la troisième force du pays et devancer le PLR lors des prochaines élections fédérales de 2023. C’est en tout cas l’ambition affichée ce dimanche par leur président Balthasar Glättli, dans une interview accordée au journal dominical NZZ am Sonntag. Lors du précédent scrutin, en 2019, le parti écologiste avait connu une forte poussée, devenant la quatrième formation au niveau national avec 13,2% des suffrages, derrière l’UDC (25,6%), le PS (16,8%) et le PLR (15,1%). Avec 28 conseillers nationaux, les Vert.e.s talonnent les libéraux-radicaux et leurs 29 élus.

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Mais cette vague verte ne suffit pas pour Balthasar Glättli. A ses yeux, les avancées dans le domaine environnemental n’ont pas été assez importantes. La faute à «un camp bourgeois qui se cabre et tente de toutes ses forces de torpiller une législature verte». Mais les ambitions du Zurichois pourraient être contrecarrées. A la fin du mois d’août, un sondage réalisé par les journaux du groupe Tamedia montrait au contraire des Vert.e.s essoufflés, en recul, avec un électorat siphonné par les Vert’libéraux, ainsi qu’un PLR en progression, devenant le deuxième parti du pays derrière l’UDC.

Progression dans les cantons

Ces projections pessimistes, le président des Vert·e·s suisses n’y croit pas. Il demeure persuadé que son allié socialiste demeurera au deuxième rang. Balthasar Glättli souligne également que sa formation politique est en grande forme, comptant un cinquième de membres de plus qu’en 2019. «Nous sommes le parti qui a le plus progressé dans les élections cantonales ces trois dernières années», précise-t-il encore. Ainsi, ce printemps, les Vert.e.s gagnaient trois sièges de plus au Grand Conseil vaudois, dépassant l’UDC pour s’imposer comme la troisième force de l’hémicycle. De même, en 2021, en Valais et à Fribourg, les écologistes remportaient respectivement cinq et sept sièges supplémentaires au parlement cantonal. Le parti profitait également pour effectuer son retour au Conseil d'Etat fribourgeois.

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Si les Vert·e·s devaient encore progresser à l’automne 2023, la question d’un siège au Conseil fédéral se poserait immanquablement à nouveau. Balthasar Glättli confirme que cela demeure un objectif, même si en 2019 sa prédécesseure, Regula Rytz, avait largement échoué dans sa tentative de prendre l’un des deux sièges gouvernementaux du PLR. «J’aimerais être le président qui pourra féliciter le premier conseiller fédéral vert», a encore relevé le Zurichois à la NZZ am Sonntag. A titre personnel, il a confié que, pour des raisons familiales – il a une fillette âgée de 4 ans – il ne sera pas candidat au gouvernement. «Et je serais un mauvais président de parti si je lorgnais moi-même sur le Conseil fédéral un an avant les élections», a-t-il conclu.