Moins de «pendularité», des trajets plus courts y compris pour les vacances, mais moins de transports collectifs que de mobilité individuelle (voiture, moto, scooter, vélo ou à pied), davantage de télétravail, davantage de consommation dans son périmètre de résidence: ce sont les principales conclusions d’un sondage effectué par l’institut DemoScope pour le compte de la Société suisse des entrepreneurs (SSE).

Nommée «Construisez la Suisse de demain», cette enquête a été lancée avant la crise du coronavirus, dans la perspective du 125e anniversaire de la SSE, souligne, dans le rapport final dont Le Temps a pu prendre connaissance, le directeur de la société faîtière, Benedikt Koch. Elle a cependant été rattrapée par la pandémie.

Elle avait pour but de demander à la population sa vision de la Suisse dans vingt ans. Elle portait sur trois thèmes principaux: définir les attentes en termes de logement, de mobilité et de développement de l’espace public à l’horizon 2040.

Pas plus de 30 kilomètres

Ainsi, 39% des personnes ayant participé à l’enquête disent vouloir se déplacer prioritairement avec leur véhicule privé, 28% à vélo, en trottinette ou à pied et seulement 23% en transports publics. La SSE en conclut qu’il serait faux d’opposer les différents modes de transport. Elle considère en outre que les nouveaux modes de propulsion, comme les véhicules électriques, seront en mesure de faire le lien entre les transports individuels et collectifs.

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Les auteurs de l’enquête relèvent que la majorité des sondés s’imaginent travailler à 30 kilomètres de leur domicile au maximum dans vingt ans; 53% affirment vouloir s’approvisionner en priorité dans des commerces de leur région alors que seuls 13% pensent privilégier les commandes en ligne avec livraison à domicile.

Le balcon avant la plage

Ils sont 40% à dire qu’ils passeront leurs vacances dans des lieux de détente proches de chez eux, en pleine nature ou à la montagne. Plus étonnant: 29% se disent prêts à rester sur leur balcon, à la maison ou à proximité, alors qu’ils ne sont que 16% à s’imaginer voyager dans un pays étranger dans vingt ans! «La question de savoir si la population voyagera effectivement moins au-delà de nos frontières une fois la crise sanitaire passée reste ouverte. Une chose est cependant sûre: les montagnes et autres destinations de loisirs suisses resteront très fréquentées, avec pour corollaire une saturation du réseau routier et de certaines infrastructures», relève le rapport.

L’enquête montre aussi une volonté de recentrer l’habitat dans les villes et les agglomérations plutôt qu’à la campagne dans les vingt ans à venir, sans pourtant les développer de manière «significative». Cet appel à densifier l’espace urbain s’accompagne toutefois d’un paradoxe: le souhait de disposer d’un habitat plus spacieux, en maison individuelle ou en appartement résidentiel de 3 à 4,5 pièces pour 80 à 120 mètres carrés de surface. Cette tendance est clairement influencée par le télétravail et le souci de rapprocher son lieu de travail de son lieu de vie. Selon la SSE, ces constatations plaident par exemple pour une stratégie de rénovation du patrimoine bâti.