Les routes nationales vont bénéficier d’une manne de 2,734 milliards de francs. Après le National, le Conseil des Etats a donné mardi son feu vert à deux crédits, l’un pour améliorer le trafic dans les villes, l’autre pour supprimer des goulets d’étranglement.

Le réseau routier va recevoir 1,035 milliard de francs destinés à l’élimination des goulets d’étranglement. Le Conseil des Etats a libéré ces moyens par 42 voix sans opposition. Cette enveloppe concerne les tronçons Genève-aéroport-Le Vengeron (50 millions), Crissier (VD) (40 millions), Luterbach-Härkingen (SO) (660 millions) et Andelfingen-Winterthour (ZH) (285 millions).

Les sénateurs de plusieurs cantons n’ont pas manqué de regretter que les projets pour éliminer les goulets d’étranglement dans leur région soient classés en deuxième ou troisième priorité aux yeux de la Confédération.

Mais la majorité s’est ralliée à ce programme, mettant en avant des projets qui profitent à l’ensemble de la Suisse. Nous avons encore beaucoup d’incertitudes en matière de financement, comme par exemple avec l’initiative «vache à lait», mais il s’agit ici de faire avancer les travaux, a déclaré Paul Rechsteiner (PS/SG).

Poursuite de la planification

Les projets qui sont classés en priorité trois ou quatre n’ont pas encore de financement mais les travaux de planification continuent malgré tout, a tempéré la cheffe du Département fédéral des transports Doris Leuthard. Si certains projets sont prêts avant d’autres, il faut aussi faire preuve d’une certaine flexibilité, a-t-elle ajouté, rappelant le manque de financement.

Ces crédits de plus d’un milliard de francs font partie d’un montant consacré à l’élimination des goulets d’étranglement de 5,5 milliards dans le cadre du fonds d’infrastructure. Un premier programme avait déjà englouti 1,4 milliard. Les 3 milliards restants serviront à un troisième programme pour les régions de Bâle, Berne, Genève, Saint-Gall, Winterthour et Zurich aéroport.

Cette somme devrait permettre de désengorger au moins 100 km de routes. Mais les embouteillages vont parallèlement augmenter avec l’augmentation de la mobilité, a rappelé René Imoberdorf (PDC/VS) au nom de la commission. En 2030, ce sera 400 km de routes nationales qui seront saturées. Il reviendra au futur fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (Forta) de prendre le relais.

Dans la foulée, les sénateurs ont tacitement rejeté une initiative du canton de Genève qui demandait que l’élargissement de l’A1 soit intégré comme projet prioritaire au programme d’élimination de goulets d’étranglement. Ce projet est déjà inclus dans la prochaine étape du programme du Conseil fédéral. Quant à la traversée du lac, Doris Leuthard a rappelé lundi, à l’heure des questions, que son intégration dans le programme des routes nationales à charge de Berne était pour l’heure «prématurée et injustifiée».

Coup de pouce aux agglomérations

Les sénateurs ont également adopté à l’unanimité un crédit de 1,7 milliard de francs pour les agglomérations. Il s’agit de 36 projets visant à faciliter le trafic dans des zones très denses. Quelques-unes sont situées en Suisse romande comme à Lausanne-Morges, Fribourg, Yverdon (VD), le Chablais (VD/VS), Sion, Bienne (BE) et Delémont (JU).

Le crédit se base sur l’actuel fonds d’infrastructure qui comprenait lors de sa création 6 milliards de francs. Une première tranche de 2,56 milliards a été allouée en 2006 pour des projets urgents. Cette étape fait partie des projets dits de 2e génération. Pour la suite, l’argent sera également puisé dans le Forta.

Pour Doris Leuthard, il ne faut pas privilégier des mesures isolées mais considérer le programme d’ensemble. Et de rappeler les règles du jeu à savoir que les projets doivent améliorer le système des transports dans le respect de l’environnement.