Le Temps: Qu’allez-vous faire de cette victoire?

Aldo Ferrari: Nous espérons que cela conduira à une réforme de la loi sur la prévoyance professionnelle, la LPP, qui renforce le régime de retraites en Suisse. Nous publions aujourd’hui un cahier de revendications plus précis.

– Dans quelle direction vos propositions vont-elles?

– Nous demandons notamment une réforme du modèle à deux vitesses actuel, où cohabitent des caisses d’entreprises ou collectives, soumises à la LPP, et des fondations d’assureurs, dépendant de la loi sur l’assurance privée. Il ne s’agit pas de pousser les assureurs hors du 2e pilier, mais de les soumettre aux mêmes règles que les autres, c’est-à-dire que leurs fondations doivent être séparées. Nous voulons aussi un retour en arrière dans la partie de l’ordonnance de la LPP consacrée aux placements. Il ne faut pas permettre à la fortune des assurés d’être investie dans des produits financiers non transparents comme des hedge funds.

– Selon plusieurs voix, le refus d’abaisser une deuxième fois le taux de conversion ne résout rien. Quels chantiers faudra-t-il ouvrir?

– Je ne pense pas que ce vote ne résolve rien. Il renforce le principe de la sécurité du droit. Il faut attendre que l’abaissement en cours du taux de conversion de 7,2% à 6,8% d’ici à 2014 déploie ses effets avant de vouloir apporter une correction.

Cela montre aussi que l’on ne peut plus convaincre en jouant sur la peur. Il faut des arguments basés sur des faits. Aujourd’hui, les rendements financiers permettent de faire face à l’allongement de l’espérance de vie. Le deuxième pilier doit profiter aux assurés, et non aux compagnies d’assurances, aux actionnaires et aux gérants de hedge funds.