Les parlementaires de la francophonie à Berne

Français Formation duale ou en ligne, lutte contre le sida, le message suisse à 300 députés

Pour une fois, il n’y aura pas besoin de traducteurs sous la Coupole fédérale. Venus d’une trentaine de pays ayant en commun l’usage du français, quelque 300 à 400 parlementaires seront à Berne cette semaine pour la 41e session de l’Assemblée parlementaire de la francophonie. L’accès pour tous à la formation, notamment par l’apprentissage ou l’enseignement à distance, ainsi que la lutte contre le sida seront au cœur des débats.

Même si l’assemblée, qui joue le rôle de parlement de la francophonie, n’a pas de compétences autres que celle de voter des résolutions, elle tient une place importante dans le réseau de contacts et d’influence de la Suisse, rappelle le président de la délégation suisse, Christian Levrat.

De fait, avec quelque 70 pays associés, représentant un tiers des Etats membres de l’ONU, la francophonie permet à la Suisse de faire entendre sa voix, de se constituer des alliances. Notamment pour la défense de la Genève internationale ou lors de la nomination de fonctionnaires internationaux. Jeudi, l’assemblée plénière sera ouverte par la nouvelle ­secrétaire générale de la Francophonie, la Canadienne Michaëlle Jean, et Didier Burkhalter.

La session parlementaire en Suisse, présidée par le sénateur canadien Paul McIntyre et qui réunit, outre les députés, une trentaine de présidents de parlements nationaux, est ainsi l’occasion de faire passer des messages sur deux dossiers jugés importants par la délégation suisse: la formation professionnelle et la lutte contre le sida. Depuis un ou deux ans, la formation professionnelle duale pour lutter contre le chômage des jeunes est en effet l’un des atouts de la soft diplomatie suisse, que ce soit en France, aux Etats-Unis ou même en Inde. L’an dernier, lors du Sommet de la francophonie, le Sénégal et la Suisse avaient signé une convention en faveur de la formation duale et la HES bernoise soutient un projet identique au Gabon.

Autre atout suisse, l’enseignement à distance, dont l’EPFL s’est fait une spécialité. L’enjeu est la formation massive en ligne de spécialistes dont l’Afrique a besoin.

Libertés fondamentales

Enfin, la délégation suisse entend rappeler la responsabilité des parlements nationaux dans la lutte contre le VIH. De plus en plus, un couvercle moral, sous l’influence de l’islamisme ou des congrégations évangéliques, entraîne les parlements à adopter des législations répressives à l’égard des personnes à risques, homosexuels, toxicomanes ou travailleurs du sexe. Cela rend encore plus précaire le dépistage, dit le sénateur neuchâtelois Didier Berberat.

Vieux routier du monde francophone, le Neuchâtelois estime certes que les Etats membres commencent à se soucier de leur réputation en ce qui concerne les droits de l’homme, mais s’inquiète d’un retour à l’ordre moral, à travers le monde, qui menace précisément les libertés fondamentales.