Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
En cas d'adoption de l'initiative, les deux blocs de Beznau seraient définitivement mis hors service en 2017.
© Keystone

Energie

5 questions pour comprendre les enjeux de l'initiative «Sortir du nucléaire»

L'initiative populaire des Verts bouscule le calendrier adopté par le Conseil fédéral et le parlement. Ceux-ci privilégient le remplacement échelonné du courant fourni par les réacteurs nucléaires

 1  Quel est l'objet de l'initiative «Sortir du nucléaire»? 

L'initiative populaire «Sortir du nucléaire» lancée par les Verts exige que les centrales nucléaires suisses soient débranchées après 45 ans d'activité et que celles qui ont déjà dépassé cet âge soient arrêtées un an après l'adoption de l'article constitutionnel. Concrètement, cela signifie que les réacteurs de Beznau I et II ainsi que Mühleberg, respectivement mis en service en 1969, en 1971 et en 1972, cessent de produire de l'énergie en 2017. Les deux plus récents, Gösgen (1979) et Leibstadt (1984), pourraient continuer de tourner jusqu'en 2024 et en 2029.

 2  Quel est l'enjeu énergétique de cette votation? 

Les trois plus anciennes usines de production de courant à partir de l'atome fournissent environ 13% de la totalité de l'électricité générée en Suisse. C'est cette part qu'il faudrait remplacer par d'autres ressources énergétiques dans le délai d'un an si l'initiative est acceptée le 27 novembre. Les partisans de l'initiative affirment que c'est possible. Ils s'appuient sur le développement des agents renouvelables - photovoltaïque, éolien, biomasse, bois, hydraulique. Ils invoquent notamment le fait que près de 40 000 projets énergétiques sont prêts à être réalisés. Selon eux, ils suffiraient à compenser les trois vieux réacteurs.

 3  Quels sont les arguments des opposants à l'initiative? 

Une bonne partie de ces 40 000 projets énergétiques sont en attente de subventionnement et l'engorgement constaté retarde leur réalisation, rétorquent les adversaires de l'initiative. Par ailleurs, leur raccordement au réseau peut coûter cher. Selon eux, la carence de production découlant de l'arrêt précipité de Mühleberg et de Beznau I et II ne pourrait être compensée autrement que par une hausse des importations de courant étranger. Et celui-ci risque de provenir de centrales à charbon allemandes ou du réseau nucléaire français. «Il est illusoire de remplacer très rapidement des capacités de production aussi importantes», affirment-ils.

 4  La Stratégie énergétique 2050 fait office de contre-projet indirect à l'initiative «Sortir du nucléaire». Mais les opposants à l'initiative ne sont pas unanimes à la soutenir. Pourquoi? 

Une partie des opposants soutient la Stratégie énergétique 2050 (SE 2050), une autre la conteste tout autant que l'initiative «Sortir du nucléaire». Cette dernière frange est avant tout composée de membres de l'UDC, mais quelques libéraux-radicaux - comme le Genevois Benoît Genecand ou la Zurichoise Doris Fiala - et d'anciens élus fédéraux démocrates-chrétiens font également partie de cet escadron.

Que propose la Stratégie énergétique 2050? Premièrement, elle ne fixe aucun délai pour l'arrêt des centrales nucléaires. Seule la sécurité, vérifiée par l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), prévaut. Cela ne change pas grand-chose pour Mühleberg, puisque son propriétaire, les BKW, a d'ores et déjà décidé de la débrancher à fin 2019. Le processus de désaffectation est en route.

Il est en revanche difficile de percer les intentions d'Axpo, propriétaire des deux réacteurs de Beznau, dont le plus ancien est à l'arrêt depuis dix-huit mois en raison de défauts observés sur la cuve du réacteur. A Berne, nombreux sont ceux qui spéculent sur une annonce similaire à celle des BKW en cas de rejet de «Sortir du nucléaire».

Deuxièmement, la SE 2050 interdit la construction de toute nouvelle centrale nucléaire en Suisse. C'est d'ailleurs l'un des points qui dérangent le comité qui a lancé le référendum contre cette réforme.

 5  Comment sera financé le remplacement de l'énergie atomique par du courant vert?

La SE 2050 propose le remplacement progressif de l'électricité d'origine atomique, qui couvre 38% de l'ensemble de la production indigène. Elle stipule que les énergies vertes devront fournir au moins 4400 gigawattsheure d'ici à 2020 et 11 400 GWh d'ici à 2035 au lieu de 3000 GWh aujourd'hui.

Les installations de production seront soutenues par la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC), elle-même financée par une taxe prélevée sur le prix du kWh. De 1,5 ct./kWh, le plafond de cette taxe passera à 2,3 ct./kWh, ce qui mettra 1,3 milliard de francs à disposition chaque année. Les grands barrages hydrauliques profiteront d'un coup de pouce de 1 ct./kWh pour soutenir leur production. Cette aide sera financée par 0,2 des 2,3 ct./kWh prélevés sur le prix de l'électricité.

Ces soutiens seront limités dans le temps et remplacés après six ans par une prime à l'injection qui permettra aux producteurs décentralisés de vendre leur électricité directement sur le marché. Diverses mesures favorisant l'assainissement des bâtiments, la baisse de la consommation et l'encouragement d'investissements pour des projets n'entrant pas dans le cadre des soutiens officiels complètent la panoplie.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a