Les derniers chiffres du chômage suffisent à justifier un troisième train de mesures pour soutenir la conjoncture. Le Conseil des Etats s’est en convaincu mercredi matin, lorsqu’il a décidé, par 25 voix contre 6 (principalement UDC), d’entrer en matière sur les nouvelles propositions de Doris Leuthard. Ce troisième volet du programme conjoncturel du Conseil fédéral coûte 400 millions. Plusieurs mesures visent à lutter contre le chômage des jeunes. «Au train où l’on va, on risque d’avoir plus de 10% de chômage chez les jeunes en 2010», a prévenu le démocrate-chrétien uranais Hansruedi Stadler.

Les deux dispositions destinées à soutenir l’emploi chez les jeunes n’ont pas été contestées. Il s’agit, d’un côté, d’accorder une aide financière aux personnes sans emploi qui viennent d’achever un apprentissage afin de leur permettre de surmonter une période de chômage. D’autre part, une aide financière peut être accordée aux employeurs pendant six mois au maximum lorsqu’il concluent un contrat de travail de durée indéterminée avec un jeune demandeur d’emploi peu formé. Ces deux mesures devraient coûter 52 millions par an à la Confédération.

Le reste du troisième volet de ce programme conjoncturel fait l’objet de critiques plus nombreuses. L’idée de soutenir jusqu’à concurrence de 3000 francs pendant six mois les organisations à but non lucratif, comme Jeunesse et Sport, des oeuvres d’entraide, des institutions publiques, qui engagent temporairement des chômeurs est loin de faire l’unanimité. Elle a fait l’objet d’un très long débat mercredi. Finalement acceptée par 24 voix contre 12, cette proposition devra encore franchir l’écueil du Conseil national, lundi et mardi prochain. Et là, ça risque d’être très tendu, car le principe de ces réseaux emploi, qui coûte 238 millions à la Confédération, n’a été accepté que d’extrême justesse par la commission économique du National.

Parce qu’il a longuement débattu de ces réseaux emploi, le Conseil des Etats n’est pas parvenu à examiner l’ensemble de ces mesures mercredi. Jeudi matin, il doit encore se prononcer sur la prise en charge temporaire, par la Confédération, d’une partie des coûts de formation continue pendant les périodes de chômage partiel. Et sur le prolongement de la durée d’indemnisation de douze à vingt-quatre mois en cas de chômage partiel.

Le train de mesures sera finalement approuvé jeudi par le Conseil des Etats. Mais son examen par le Conseil national la semaine prochaine s’annonce délicat. En commission préparatoire, plusieurs dispositions ont fait l’objet de vives controverses. Et la gauche tentera d’aller au-delà de ce que prévoit le Conseil fédéral, en demandant par exemple d’augmenter le nombre d’indemnités de chômage de 400 à 520 jours. Devant les Etats, Doris Leuthard a expliqué qu’on se trouvait aux limites de ce que la Confédération pouvait faire. Les deux premiers programmes conjoncturels se sont concentrés sur les investissements et des mesures anticycliques. Le troisième met l’accent sur le soutien du marché du travail. Mais il n’est pas question d’aller plus loin, et la Suisse a d’ailleurs reçu des félicitations internationales pour sa manière d’agir face à la crise, a-t-elle souligné.