Le 27 septembre, les Suisses et les Suissesses se prononcent sur un congé paternité de deux semaines, issu de longues tractations politiques. Nous explorons les enjeux de ce choix à travers une série d’articles.

La naissance de la fille d’Adrian Kyburz n’a rien d’ordinaire. D’abord, parce qu’elle est née au cœur de la pandémie et s’est vue privée de son père à peine trois heures après sa venue au monde, sécurité sanitaire oblige. Ensuite, parce que, après l’avoir retrouvé 48 heures plus tard, la petite pourra compter sur la présence de son papa durant quatre mois et demi. «Quand j’explique aux gens que j’ai droit à un congé paternité payé de 90 jours, ils sont d’abord surpris! Et puis, ils me demandent pour qui je travaille», s’amuse le jeune homme de 33 ans au regard pétillant. Son employeur? Novartis, qui a introduit l’an dernier un congé de 14 semaines pour le «partenaire qui ne porte pas l’enfant» au niveau mondial, durée portée à 18 semaines pour les collaborateurs basés en Suisse. Assistant stratégique à la direction suisse du groupe, Adrian Kyburz fait partie des 217 «partenaires» qui ont déjà bénéficié de cette nouvelle politique familiale. D’entente avec sa femme et sa supérieure, il a préféré distiller son congé sur l’année, plutôt que de s’absenter d’un seul bloc: trois semaines à la naissance de son enfant, cinq en été, le solde servira à faciliter le retour au travail de son épouse et à profiter de moments en famille. «Etre présent lorsque ma fille s’est retournée seule pour la première fois, entendre son premier cri, ce sont des instants magiques qui sont irremplaçables», s’émerveille le jeune papa.

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