L’initiative anti-minarets, telle qu’elle est présentée dans le débat public, semble trouver son origine dans la réticence des Suisses à accepter d’intégrer ses populations musulmanes. Dans le cadre de leur étude, Matteo Gianni et Marco Giugni ont interrogé les 300 non-musulmans de l’échantillon à ce sujet. Les premières tendances soulignent que 80% des Suisses en moyenne se montrent globalement ouverts aux musulmans. Mais cette ouverture ne va pas de soi: 29% des Confédérés ne souhaiteraient pas avoir un musulman dans leur proche parenté ou leur famille et 23% désapprouveraient d’avoir des musulmans comme concitoyens. Les Suisses se montrent toutefois plus tolérants lorsqu’il s’agit de fréquenter des musulmans sur leur lieu de travail (86,5% d’acceptation) ou dans leur cercle d’amis (81,9%).