Nestlé participera à hauteur de 25 millions de francs à l'accord global de 1,25 milliard de dollars entre banques suisses et organisations juives sur les demandes d'indemnités résultant de la Seconde Guerre mondiale. Le groupe entend ainsi «assumer sa responsabilité morale de contribuer à alléger des souffrances humaines résultant d'injustices survenues dans le cadre d'entreprises appartenant au groupe», même si celui-ci n'en était pas encore propriétaire ou n'en assumait pas un véritable contrôle au moment des faits.

Précédemment, Nestlé avait admis que sa filiale Maggi avait employé pendant la guerre des travailleurs forcés (350 environ) à Singen au sud de l'Allemagne. Selon différentes listes, une centaine d'entreprises suisses ont utilisé plus de 11 000 travailleurs forcés – parfois traités en esclaves, surtout s'ils venaient des pays de l'Est. Leur production soutenait directement ou indirectement l'effort de guerre allemand. L'ancienne Aluminium-Industrie Gesellschaft (aujourd'hui Algroup) avec quelque 5000 personnes, BBC avec 2000 personnes et Georg Fischer avec 1800 personnes sont les principales visées.

Le juge américain Edouard Korman, arbitre de l'accord global sur les fonds en déshérence, a fixé au 25 août le délai permettant aux entreprises concernées par le travail forcé de s'annoncer. ABB l'a déjà fait, tout comme Georg Fischer et Algroup. Les modalités de paiement n'ont pas été précisées jusqu'ici. Par ailleurs, ABB versera 5,5 millions de francs à la fondation allemande indemnisant les travailleurs forcés. Selon Reuters, onze sociétés suisses y ont déjà annoncé leur contribution, dont Roche, Ciba, Holderbank, Kuehne & Nagel, Ascom, Algroup, Zurich assurances, Credit Suisse Groupe et Swisscom/Debitel. Dans son communiqué, Nestlé a précisé que ses sociétés situées en Allemagne et en Autriche participeront «volontairement, pour marquer leur solidarité avec leurs pays hôtes» aux fondations nationales en voies de constitution.