La TSR s'insurge, publiquement et à l'interne, contre les accusations de certains radicaux d'avoir favorisé l'UDC par sa couverture médiatique des élections fédérales (LT du 27.01.2004). «On est profondément choqués, témoigne une journaliste. C'est une remise en cause de notre travail. Les politiques, et visiblement les radicaux, veulent nous contrôler.» «Avant, on nous accusait de gauchisme; maintenant, d'être membres de l'UDC! s'énerve un autre. Nous faisons notre boulot en notre âme et conscience, et en respectant les critères de déontologie. Face à cette cabale, on attend de la direction une réaction directe, vigoureuse et publique.» «Car ce n'est pas l'info ou le site qui sont mis en cause, c'est toute la maison», ajoute un troisième.

A 15 h 13, la communauté des journalistes, réalisateurs et assistants de réalisation de la TSR interpellait donc par lettre ouverte Gilles Marchand, son directeur, demandant «une réaction officielle sous forme de communiqué, ainsi qu'une prise de position dans le 19 :30».

Etude pas assez précise

A 16 h 06, la première exigence était satisfaite. Titré «Les émissions de la TSR ne sont pas mises en cause par le Parti radical», le communiqué de presse annonce qu'ayant «pris acte des critiques portées à son encontre par le secrétaire général du Parti radical, relayées dans Le Temps», la TSR a «adressé ce jour une lettre à Madame Christiane Langenberger pour obtenir des explications. […] Par la voix de son chef de presse, […] la présidente du Parti radical a répondu que ni les émissions consacrées aux élections fédérales ni les autres émissions d'actualité n'étaient mises en cause.»

A 18 h 30, invités de l'émission Forum de la Radio suisse romande, Christiane Langenberger et Gilles Pache, le directeur des programmes information et magazines de la TSR ont calmé le jeu. La première a expliqué que «l'étude portait sur des sites Internet et non sur les émissions» et qu'elle «n'était ni scientifique ni suffisamment sérieuse pour être exploitée». Le second a jugé que le «ton de l'article du Temps ne reflétait pas l'état des relations entre le PRD et la TSR» et que «l'affaire était gonflée». Il a ensuite précisé que l'étude avait porté sur les termes «UDC» et «PRD», signalant au passage «qu'on dit «militants UDC» (comptabilisés) et «militants radicaux» (non comptabilisés.)» Il a par ailleurs chiffré à «24 le nombre de membres du Parti radical qui se sont exprimés lors des 19 :30 du 1er septembre au 19 octobre. Ils furent 24 socialistes, 23 UDC et 15 PDC.»

Au dam de certains, la seconde demande des collaborateurs de la TSR n'a pas été honorée. Gilles Marchand n'est pas venu sur le plateau du 19:30. «Face à l'accumulation des attaques depuis la pique lâchée l'an dernier par Pascal Couchepin, je regrette cette absence», déclare Philippe Lugassy, porte-parole de la communauté des journalistes et réalisateurs. Le sujet a certes fait l'ouverture des pages suisses, mais il a été traité comme les autres. Patron de tsr.ch, Bernard Rappaz s'est interrogé sur la méthode utilisée et la pertinence des résultats, alors que la journaliste signant le reportage a rappelé au passage que, selon la même étude, «sur le site du Temps, l'UDC est citée deux fois plus que le Parti radical»…