A peine acquittés, les anciens dirigeants de Crossair, Moritz Suter et André Dosé, critiquent vivement la procédure judiciaire qui avait été engagée contre eux. Selon eux, le Ministère public a enquêté de façon unilatérale sur le crash de Bassersdorf.

«Il s'est borné dès le début à la thèse du «pilote incapable» et de la «culture de la peur», a déploré le fondateur de Crossair, Moritz Suter, dans le journal Sonntag. Et le fait que le Ministère public réitère même ces reproches après le verdict est «à la limite de l'atteinte à l'honneur», estime le Bâlois qui n'exclut pas de prendre des mesures juridiques.

Quant à André Dosé, directeur général de Crossair au moment des faits en 2001, il regrette dans la SonntagsZeitung que l'enquête se soit déroulée de manière «quasi secrète». «Nous n'étions présents dans presque aucune des auditions de témoins et n'avions pas accès au dossier durant près de deux ans», dénonce-t-il dans l'interview.

André Dosé critique aussi le rapport du Bureau d'enquête sur les accidents d'aviation, sur lequel le procureur fédéral s'est basé. Se confiant à l'ex-directeur de Crossair, des experts internationaux auraient qualifié le document de «tendancieux».

Vendredi, à l'issue d'un procès qui a duré deux semaines, les deux hommes et quatre autres personnes à la tête de la compagnie aérienne au moment de l'accident avaient été acquittés par le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Ils étaient accusés d'homicide par négligence. De plus, des dédommagements dépassant les 100000 francs ont été crédités aux accusés.

Les critiques de Moritz Suter et d'André Dosé font suite à un jugement qui a démonté pièce par pièce l'accusation menée par le procureur Carlo Bulletti. Celui-ci avait requis 2 ans avec sursis contre les deux dirigeants. Le procureur réfléchit à la possibilité de faire recours au Tribunal fédéral.