La Ville de Genève indique mercredi avoir obtenu la garantie de pouvoir financer la rénovation et l’extension de son Musée d’Art et d’histoire (MAH) à moitié par l’apport de fonds privés, soit 67 millions de francs sur les 138 millions que coûteront les travaux selon les dernières estimations. Le projet porté par la vedette française de l’architecture Jean Nouvel et le bureau genevois DVK demeure, encore à ce jour, sous l’examen de la Commission des travaux de la Municipalité. Il devrait en sortir, au plus tôt, lors de la session des 28 et 29 avril du Conseil municipal.

Outre la Fondation pour l’agrandissement du MAH, soit 13 millions de francs (dont deux millions de la Fondation Ernst Göhner et un million de la Banque Lombard Odier) et la Fondation Gandur pour l’Art (40 millions), une autre «fondation privée genevoise» selon les termes du communiqué de presse de la Ville – la Fondation Wilsdorf selon nos informations – dédiera 14 millions de francs au futur «Espace de l’horlogerie». Contactée, cette dernière n’a pas, pour l’heure, retourné nos appels. Son ancêtre, le Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie de Genève, fermée depuis 2002 suite à un retentissant cambriolage, devrait renaître au-dessus de l’actuelle salle des Armures et ainsi pouvoir présenter une partie des 20 000 pièces dont il dispose.

Recours pendant et menaces de référendum

Ces nouveaux soutiens financiers sont, sans surprise, accueillis avec enthousiasme de la part de la présidente de la Société des amis du MAH, Charlotte de Senarclens. «C’est une très bonne nouvelle pour le projet mais surtout pour Genève. C’est un signal très fort qui démontre que la rénovation et l’extension du Musée sont un beau projet. Et le bon projet!», conclut celle qui est également co-présidente du cercle de soutien du nouveau musée, qui dénombre plus de 1700 membres.

L’horizon n’est pourtant pas aussi dégagé qu’il n’y paraît, pour ce geste architectural lourd qui veut combler la cour intérieure en y implantant des plateaux, y installer un restaurant, et surélever l’actuel édifice. Le recours déposé par l’association «Patrimoine Suisse Genève» est toujours pendant. Et les menaces de référendum si le crédit de réalisation venait à être accepté sont bien réelles, de la part de l’association de défense du patrimoine ainsi que de la gauche radicale genevoise.